Les liens vers les compte-rendus des semaines passées : un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf et dix.

Mardi matin, Kristof m'invite à ne pas aller courir dans le froid et le noir. J'ai un peu choppé froid hier. Mieux vaut être prudente. Je ne courrai donc qu'une fois aujourd'hui, ce soir avec lui.

Mon homme a prévu de ne pas courir entièrement le marathon de Toulouse. Sa santé ne lui permet pas encore. Mais la perspective de cet échec annoncé lui laisse un goût amer. Pas très motivant. Il réalise alors que le week-end qui vient se court le marathon et le semi-marathon d'Amsterdam dont nous gardons tous les deux un excellent souvenir. Je consulte immédiatement le site sur internet. Les inscriptions sont closes depuis le 26 Septembre. Et là, je sors ma carte magique et commence à remuer ciel et terre pour décrocher un dossard à mon chéri à la régulière (Fatalement, il y en a plein à acheter au marché noir mais c'est contre l'éthique de mon cher et tendre).

En attendant les résultats de mes requêtes, nous partons courir ensemble dans la soirée. Kristof est vidé. Moi, je fais la fière, mais je ne suis complètement ramollie. Mais à nous deux, on se motive et nous voilà partis pour une petite sortie de 10 km au milieu de laquelle j'ai prévu de courir 6km à allure marathon. Docile, Kristof me suit. Il a un peu de mal à rester dans mes pas quand je démarre mon test marathon. Mais il s'accroche. Rapidement, il se glisse dans ma foulée régulière. Il s'y sent de mieux en mieux et me laisse sur place pour aller vers son allure semi sur les derniers 3km. Je le félicite et l'encourage.

Moi ça va plutôt bien. Je suis presque tombée tout de suite sur le bon rythme et il me va bien. Je m'applique juste à ne pas me laisser influencer par la fusée qui vient de me doubler et reste calée dans mon allure. Seule petite ombre au tableau. Depuis dimanche, j'ai un peu mal au dessus de la cheville droite et ça ne part pas même à chaud. Ce n'est pas violent mais à quelques jours du marathon, je m'inquiète un peu. Me la serais-je foulée dans les dunes ?

Mercredi, je sors mon arme fatale et téléphone au directeur de l'organisation du marathon d'Amsterdam, rencontré au Kénya. Je me suis rarement autant félicitée de pouvoir aligner 3 mots de Hollandais. Surtout que Cees a un accent à couper au couteau, et croyez moi, le Hollandais, au téléphone, c'est pas simple. Il m'annonce que l'inscription de Kristof part au courrier aujourd'hui et moi je saute au plafond. Trop cool Cees, merci beaucoup. Il faudra vraiment qu'on te rende ça.

Et la course à pied dans tout ça ? Ah oui, je rendre crevée du boulot pour constater que mon homme est dans un état semblable. Mais c'est la magie d'être à deux. On se botte les fesses et on part pour la même séance qu'hier : 10 km dont 6 km à l'allure marathon pour moi et un progressif pour mon chéri qui une fois de plus se cale dans ma foulée au début. On fait une belle équipe tous les deux et je suis vraiment heureuse qu'on partage ce plaisir de courir. Au final, une super sortie. J'ai couru un tantinet trop vite et aussi par à-coups à cause de tous ces virages serrés et autres petits ponts. Rien de méchant, si ce n'est que je n'aurais pas tenu beaucoup plus longtemps ce soir. Ma cheville semble guérie. Je sens un peu mon tibia gauche (un début de "shin spints" ?, j'espère que non) et mon ischio est un peu tendu lors du retour au calme.

Jeudi soir, je rentre éreintée du boulot. On avait convenu d'une sortie cool. Kristof préférerait courir demain matin mais moi j'ai une énorme journée au boulot et en plus il va pleuvoir. On part donc pour ce que je pense être une sortie de récup de 7km. Je suis complètement à côté de mes pompes. Crevée, mal au ventre. L'ischio gauche chatouille alors je le dompte en faisant de petites foulées. Mais mon homme n'a pas envie d'une sortie escargot et on se retrouve à faire un progressif et moi à courir encore une fois à mon allure marathon. Finies les petites foulées, je n'arrive plus à mouliner assez pour le suivre. Obligée d'allonger le pas et de tirer un peu sur l'ischio. Pourvu que ça tienne encore une semaine ! Finalement ce fut une sortie beaucoup plus tonique que je ne l'avais pensée. Une vraie séance du jeudi soir qui vous rappelle comme les derniers km d'un marathon sont difficiles. Si je l'ai fait ce soir. J'y arriverai à Toulouse !!

La journée de vendredi tient ses promesses. Pluie à vélo en allant au boulot et en rentrant à la maison (je n'ai pas pris un parcours plus court pour autant, non mais oh !). Au bureau de 7h à 18h, la matinée en allemand, l'après-midi en hollandais et en anglais interrompu par un collègue espagnol. Vive l'Europe!

Samedi, Kristof doit aller chercher son dossard pour le semi-marathon d'Amsterdam. Je le dépose à Haarlem et file courir dans les dunes du parc du Zuid-Kennemerland. J'ai prévu de courir cool ce week-end mais je ne peux retenir mes jambes. Il y a du vent, beaucoup de vent mias je m'accroche. Mon ischio semble vouloir me laisser tranquille alors je mets la gomme. A ma façon. Sans mon homme je n'accélère pas dans les côtes. Mais je relance et maintiens une bonne allure dès que possible. Ca file, je sens que je suis bien. Je ne croise personne, sauf des vaches, bien installées au beau milieu du sentier. Elles n'ont pas l'air commodes mais elles sont très paisibles et pas agressives pour un sou, la quiétude de se savoir sans prédateur.

bobo?

J'arrive au pied de la côte de a mort qui tue. Une bosse bien raide et un chemin complètement ensablé dans lequel on s'enfonce et on mouline. Elle est terrible. Je la redoute. Mais comme une gamine je m'encourage : "si tu la passes en courant sans ralentir, tu décrocheras ton 3h05 à Toulouse". En arrivant en haut, mission accomplie, je suis hors d'haleine mais je jubile : je l'ai fait ^_^ alors je le ferai !!!

Dimanche, rebelote. Krsitof part courir son semi-marathon à Amsterdam. Le temps est idéal : frais, ciel bleu, soleil et très peu de vent pour les Pays-Bas. Il devrait s'amuser. De mon côté, après la grosse sortie d'hier, je décide de courir tranquille et de prendre des photos. J'ai juste oublié de recharger la batterie de mon appareil que je vais me traîner pour rien. A force de persuasion, j'arriverai quand même à prendre quelques clichés d'un de mes coins préférés du parcours.

D'abord deux belles volées de marches qui s'enchaînent et que j'adore grimper en moulinant comme une malade en levant les genoux bien hauts. Et même aujourd'hui, je me lâche.



Et puis de jolies petites côtes en sous-bois, avec des aiguilles de pins qui maintenant couvrent le sable et facilitent grandement l'ascension.



Je n'ai pas enclenché mon chronomètre, mais je vois bien que je ne cours pas lentement du tout. J'ai les jambes lessivées, mais je constate avec joie que même dans cet état là, elles courent plutôt bien. Je sens que je suis à mon allure marathon, si ce n'est au dessus. Je m'imagine à la fin du marathon de Toulouse, bien entamée physiquement mais terminant au moral, avec une relative aisance. Je vois la foule, elle me tire et je passe la ligne d'arrivée comblée.

Il est bientôt 13h. Mon homme va bientôt prendre le départ de son semi-marathon. Il va d'ailleurs super bien le courir en 1h23'59". Première fois qu'il passe sous la barre des 1h25. Avec tous ses pépins de santé, il m'impressionne. Il m'a donné l'exemple. Maintenant, à moi de décrocher la lune à Toulouse.

Petit bilan de la semaine :
66 km de CAP dont 36 km de trail/fartlek et 15 km allure marathon.
90 km de vélo