Les liens vers les compte-rendus des semaines passées : un, deux, trois, quatre, cinq et six.

Lundi soir, comme ils annoncent un temps pourri maussade pour le reste de la semaine, je décide d'avancer la séance prévue mercredi matin. Hier, le programme a été allégé, les conditions météo sont encore bonnes. Il faut en profiter. C'est marrant, avant cette prépa marathon, j'aurais eu peur d'une telle sortie. Je n'ai jamais aimé courir le soir. J'ai eu une grosse journée de boulot, j'ai déjeuné tard et je n'ai pas nécessairement très bien digéré. Mais à ma grande surprise, je n'ai aucune appréhension. J'ai même franchement envie d'y aller. Il faut dire qu'une fois de plus Mon homme m'accompagne et va me donner l'allure.

On part en souplesse mais tonique. Puis on arrive au bord du lac et c'est parti pour 3 km de tempo avalés à 15 km/h. Même allure que la veille. Sensations un chouillat moins bonnes mais globalement très bien. Seule petite ombre au tableau, un petit point s'est réveillé à l'ischio gauche. Lui aurais-je trop demandé, trop tôt après al course ?

Mardi, déluge, grand vent, et cette petite pointe à l'ischio qui me titille. Du coup, repos.

Mercredi matin, réveillée à 4h25 par le vent malgré les boules Quies. Ca promet ! Je me lève tranquillou, prends une tasse de thé et commence les exercices de gainage et d'assouplissement. A 5h, je suis échauffée et prête pour courir. Une grosse séance au programme, un "progressive run" à la kenyane dont mon homme raffole : échauffement puis 4.5km allure marathon, enchainés sur 4.5km allure semi, et la fin au seuil. L'avantage de ce vent violent, c'est qu'il a chassé la pluie. Mais sans nuage, pas de réverbération des lumières des serres et des villes. En plus, il n'y a pas de lune et les pistes cyclables sont mouillées donc très noires. Conclusion, j'ai un peu l'impression de courir dans un tunnel !

La première boucle se passe bien même si je cherche un peu mon équilibre parfois. Les derniers 1500m se font avec un bon gros vent de face et il faut gérer la foulée pour ne pas se fatiguer. Je tourne en 4'25 au km, pile-poil mon allure marathon. Je suis tombée dessus tout de suite. Et à ce moment-là, je ne le sais pas car il fait trop sombre pour que je puisse voir quoi que ce soit sur ma montre.

Deuxième tour, j'augmente légèrement la fréquence, sans forcer, toute occupée à récupérer de l'épisode vent de face. Déjà le retour du passage face au vent qui souffle à plus de 50 km/h. Je cherche une foulée souple. Les jambes tricotent. Mais le point à l'ischio gauche me rappelle à l'ordre et je sens que niveau puls je suis clairement en sur-régime. Alors je lâche un peu prise sur la fin pour une moyenne de 4'15 au km. Et rentre à la maison en 4'05 au km.

Jeudi matin, après une énorme tempête toute la nuit, la pluie a la bonne idée de s'arrêter avant que je ne parte courir. Merci Madame. Et merci au vent aussi qui s'est un peu calmé. Petit échauffement puis 4.5 km à l'allure marathon, sans forcer. Comme hier, je tombe tout de suite dessus (ou ne serait-ce pas plutôt elle qui me tombe dessus ??). Je suis confortablement installée et reste concentrée pour ne pas accélérer. Très agréable sensation d'aisance et de facilité. 4'25'' au km tout juste. C'est dans la boite. Le jour J, yapluka faire la même chose 10 fois :D

Jeudi soir, rentrée tard et fatiguée après une journée éreintante. En plus, il pleut et il fait froid. Demain est un autre jour.

Vendredi matin, il a plu toute la nuit mais le vent est mon ami aujourd'hui, il a chassé les nuages. Je pars donc faire la sortie de récup' passée à la trappe hier soir. 8km de petites foulées juste pour prendre l'air. Et continuer mon apprentissage de la course en tunnel car il fait noir comme un cachou ce matin ! L'avantage, c'est que n'y voyant pas grand chose, je ne peux pas aller vite. A cette allure, je pourrais courir des heures. Mais pas ce matin, parce que j'ai faim ! Zou, l'appel du petit déjeuner, c'est plus fort que tout.

Samedi matin, mon ischio gauche me chatouille encore. La météo est idéale pour courir : ciel dégagé, frais, pas trop de vent pour une fois. On se décide pour les dunes à côté de la maison plutôt que celles d'Haarlem. Bon choix. Ca faisait longtemps que l'on y avait pas couru ensemble. Les feuilles qui tombent. L'humidité dans la forêt qui fait ressortir les odeurs d'automne. Et le soleil qui réchauffe. Bonheur. Je dors un peu au début. Les sensations ne sont pas terribles. Je me cherche un peu.

rattraper le lievre

J'accélère sur la fin malgré tout, comme par réflexe. Les jambes ne sont pas là mais miraculeusement ce sont mes pieds qui prennent le relais. Et là, je dis MERCI. Merci aux dizaines de kilomètres courus dans le sable à essayer de ne pas m'enliser et qui m'ont appris à trouver une foulée dans laquelle le pied reste un minimum de temps au sol. Merci aux prairies pour leurs touffes d'herbes inégales sur lesquelles je me suis tordu cent fois les chevilles et qui les ont renforcées. Merci à la gadoue dans laquelle j'ai si souvent glissé et qui m'a appris à mieux maitriser mon équilibre. Merci aux flaques que j'ai dû éviter en alternant petites foulées ultra rapides et foulées bondissantes. Merci aux branches et aux orties en travers des chemin que je n'ai pu éviter qu'en faisant de mémorables montées de genoux, talon-fesses et autres sauts de cabri. Merci donc de m'avoir torturé les pieds dans tous les sens. Maintenant ils sont forts, et quand les cuisses ne répondent plus, ils courent à leur place.

Et je me félicite encore une fois d'avoir chaussé mes zoot que j'ai achetées pour faire de petites sorties sur route mais qui en fait se comportent au mieux pour mes petits pieds sur le terrain sablonneux des dunes. Allez comprendre !

Dimanche matin, on a du mal à émerger et en regardant le plan marathon une nouvelle fois, Kristof me conseille de consacrer désormais mes séances dominicales à du travail d'allure sur la plat. Les dunes, c'était bien pour se mettre en forme. Les garder une fois par semaine, permet de laisser une séance défouloir pour s'amuser et se lâcher. Mais à maintenant à peine plus d'un mois de l'échéance, il faut se concentrer sur l'objectif.

brain stormNous profitons de la journée pour parler de nos projets et ne partons courir qu'en fin d'après-midi. La petite séance habituelle : 10 km, mon homme en meneur d'allure et moi derrière qui fais du mieux que je peux pour le suivre. Dès le début, ça part tonique. On n'est pas là pour papoter. On vient de faire 2 heures de brain storm alors, voilà, le bavardage, c'est fait. On peut mettre une croix dans la case. Maintenant on passe à la ligne suivante : courir.
Traversée de prairie, gadoue, touffes d'herbes malicieuses sur lesquelles je ne me tords plus les chevilles. Clôtures à escalader. Flaques à contourner. Flaques par dessus lesquelles il faut sauter. Flaques et encore flaques et gadoue. Et moi, même pas sale ^_^

On approche du lac et les choses serieuses commencent. D'habitude, kristof nous fait faire un tour de lac façon "tempo progressif" = on part vite et on accélère très progressivement jusqu'à la fin. C'est dur mais ça passe parce que justement c'est progressif. Aujourd'hui, il renoue avec ses grandes amours et moi avec mon mari et ce sera fartlek. Mais un fartlek un peu spécial. On part vite, puis on stabilise l'allure et on accélère nettement, avant de stabiliser puis nouvelle accélération soudaine et ainsi de suite. C'est très dur à suivre car je ne peux jamais m'installer dans une allure. Je dois toujours être vigilante et dynamique pour pouvoir répondre à ses accélérations. Mais je tiens et nous bouclons les 3 km du contour du lac à plus de 15 km/h. Mon chéri me félicite et moi je le remercie. J'adore ces séances que je serais incapable de faire seule et qui me rassurent énormément sur mes aptitudes à courir "vite".

Petit bilan de la semaine :
66 km de CAP dont 3 km au seuil, 9 km à allure marathon, 5 km allure semi, 16 km de fartlek sur trail 3 km de "progressive run" endiablé.
Service minimum à vélo avec 70 km.