Fracture de fatigue et carence en vitamine D
Par Kristof, mardi 19 janvier 2010 à 07:50 :: Insolite :: #470 :: rss
Fracture de fatigue
Un CRACK ! que je n'ai pas entendu mais bien senti. Dans les dunes de Schoorl (côte Nord des Pays-Bas) après deux semaines de repos post Swiss Jura Marathon, une douleur intense sous le talon gauche. La douleur, en question, ne part pas même une fois échauffé. Arrêt immédiat de la course à pied. Je compense par de longues sorties à vélo pour ne pas devenir fou (arrêter en plein été, c'est tout sauf évident surtout quand on se sent en plein forme). Séances de kiné (on pense à une tendinite du fashia plantaire à ce moment là)... trois semaines plus tard (il faut un certain délai pour que l'on puisse détecter une fissure) après en avoir fait la demande à mon médecin du sport, une radio (rayon X) révèle une fissure, que l'IRM, qui suit, va confirmer de façon indiscutable : fracture de fatigue au niveau du talon. C'est parti pour 3 semaines de plâtre..
Rester calme et pédaler !
Ce fut très dur... vraiment... L'arrêt en plein été de la course à pied... alors je me suis changé en Cantador-en-Dilletante avec de longues et belles sorties à vélo à travers la campagne Hollandaise et ses nombreuses voies cyclables. Je vais finir par connaître chacun recoin du plat pays... chaque café-terrasse stratégiquement positionné pour attirer les cyclo-nomades. J'ai parcouru les fameuses LF, des autoroutes à vélo qui quadrille le pays du Sud au Nord, d'Ouest en Est. Dont la "North Sea" qui va de Delft (chez nous) à Schoorl (tout au nord) en longeant la côte via des parcs, champs de dunes, forêts, 100km de pur bonheur à bicyclette ! Cet intermède aura eu le mérite de me faire renouer avec les joies des sorties longues à vélo. Pratique que je compte intégrer à mes prépas, et cette fois-ci sans attendre d'être blessé pour m'y mettre.
Immobilisme
- Aaah ben non, mais c'est pas possiible !
Voici une retranscription presque fidèle de ma première réaction quand le docteur m'a annoncé qu'il fallait me plâtrer la jambe et le pied au vue de l'IRM... Là, c'est vite devenu beaucoup beaucoup moins drôle et mes 3 semaines d'immobilisme me sont apparues réellement insupportables. Je n'ai pas trop su faire la part des choses et prendre du recul... juste bon à ronger mon frein en attendant que les jours passent et qu'on me libère le pied !
Je ne suis pas seul
J'ai rapidement réalisé qu'une fracture de fatigue n'était pas si rare... dont le cas très médiatisé de Deena Castor, marathonienne américaine, stoppée nette après 5km aux jeux Olympiques d'été 2008 par une fracture de fatigue au pied. C'est en lisant un des nombreux articles de l'excellent New York Times sur ses mésaventure, que j'ai commencé à m'intéresser à la vitamine D et à son impact possible sur les fractures de fatigue. En effet, ses tests sanguins ont révélé qu'elle n'avait pas de carence en Calcium mais une carence en vitamine D et ses médecins ont estimé que c'est cette carence qui est à l'origine de sa fracture. Quand on sait que Deena Castor s'entraine et vit en Californie, et que la principale source de vitamine D est l'exposition au soleil, on a de quoi être surpris. Ainsi alors qu'elle avait assez de Calcium, sa carence en vitamine D ne lui permettait pas de le fixer correctement, fragilisant ainsi sa densité osseuse. Elle avoue elle-même ne pas avoir été conscience des conséquences graves que peut avoir une carence en vitamine D... constat que j'ai fait plus tard également à mes dépends.
De la Vitamine D...
La source la plus naturelle et importante de vitamine D est l'exposition au soleil. Notre corps la synthétise sous l'effet des rayons UV B. Deena Castor n'est pas un cas rare, selon une étude publiée en mars 2009 dans les "Archives of Internal Medicine", plus de 3/4 des adultes seraient carencé en vitamine D. Et "les coureurs ne s'en sortent pas mieux que la moyenne" comme le précise Todd Whitthorne, qui a supervisé une étude en 2008 à la Cooper Clinic de Dallas montrant que 75% de coureurs ayant un kilométrage hebdo de 20 miles avaient un niveau bas.
Là où cela pose problème c'est que les chercheurs ont montré l'importance de la vitamine en question pour la fixation du calcium et donc de la densité osseuse mais aussi un rôle plus large pour la santé et la prévention des blessures chez les sportifs.
Après le plâtre...
Une fois, libéré de mon enclume, - pardon - de mon plâtre, la joie de pouvoir recourir sans aucune douleur sous le talon fut de courte durée ! J'ai re-découvert une douleur et une boule au dessus de la cheville... verdict après un nouvel examen au rayon X, une fissure synonyme d'une autre fracture de fatigue, celle là sur le péroné =_= Avec en plus dans ce cas, le risque qu'elle ait été pré-existante voire que ce soit une fracture/faiblesse chronique...
Après moultes négociations avec mon médecin du sport, j'ai obtenu un test de densitométrie osseuse ainsi qu'un test sanguin... je voulais savoir si mes fractures étaient uniquement liées à une intensité des courses de montagne trop forte ou à un problème plus général.
Un verdict dur à avaler
Le test sanguin révèle une carence en vitamine D. Par contre aucune carence en Calcium (niveau normal). Il semble que je ne stocke pas de façon suffisamment efficace la vitamine D en été pour faire face aux 6 mois d'hiver hollandais. Ou plus simplement qu'il me faut intégrer que la vie dans une contrée nordique implique une vigilance accrue pour passer l'hiver en bonne santé. Cette carence constatée ne dit pas depuis quand et pendant combien d'années je me suis retrouvé en carence de vitamine D pendant l'hiver. Rétrospectivement le contraste plus que marqué entre ma forme en hiver et celle en été s'explique. Comme l'impact psychologique de ce long hiver sur ma petite personne... je suis dégoûte d'avoir découvert cette carence de cette façon et réalisé ainsi l'impact que cela pouvait avoir... près de 6 mois d'arrêt de la course à pied... et plus grave l'examen de densitométrie révèle lui que j'ai une très faible densité osseuse en particulier au niveau de la colonne vertébrale... un niveau qualifié d'ostéoporose. Aujourd'hui je ne sais pas exactement ce qui explique cet état de fait, mais je peux vous confirmer que je prends de la vitamine D3 (et D2) en espérant venir à bout au plus vite cette carence.
Un petit conseil
Si vous habitez au nord de la Loire, n'hésitez pas à faire un test sanguin en hiver afin de vérifier que vous n'êtes pas carencé. Rien ne sert de paniquer et nous ne sommes pas égaux quand à notre capacité à stocker cette vitamine. Rien ne dit que ce sera votre cas ! Toutefois un peu de prévention ne coûte pas grand chose. Alors si faire ce simple test peut vous éviter pas des pépins, n'hésitez pas à en parler à votre médecin traitant.
Une petite sélection des nombreux articles sur le sujet
Ces sources sont principalement en anglais (New York Times et Runner's World) :
The Miracle of Vitamin D: Sound Science, or Hype?
RW: Running on D
NYT: How to prevent stress fractures?
NYT: Exploring a Low-Acid Diet for Bone Health
Vitamin D and Endurance
NYT: Vitamin D shows heart benefits in study
Les articles à ce sujet en français dont un article récent du journal Le Monde :
Les champignons Shiitake, une source végétale de vitamine D2
Vitamine D sur Wikipedia (en français)
Passeport Santé, à propos de la vitamine D (en français)
Passeport Santé, la fiche complète sur la Vitamine D (en français)
Deux Français sur trois manqueraient de vitamine D, article du journal Le Monde (24 déc 2009)
Extraits :
Les Français manqueraient-ils de vitamine D ? Le sujet, au coeur de nombreuses recherches, fait débat au sein du corps médical. De 50 % à 70 % de la population présenterait un déficit de vitamine D.
Si ses bénéfices sur le système osseux sont connus depuis des années, des études plus récentes ont montré ses effets notamment sur certains cancers, sur les maladies cardiovasculaires et sur les fonctions immunitaires. "C'est une vitamine essentielle qui justifie le nombre actuel d'études et la fébrilité autour de ce sujet", estime le médecin nutritionniste Jacques Fricker. "Elle diminuerait également les risques de syndrome métabolique", ajoute le docteur Jean-Michel Lecerf, nutritionniste à l'Institut Pasteur de Lille. "La vitamine D joue un rôle de modulateur du système immunitaire", rappelle le docteur David Servan-Schreiber.
Une étude menée pendant plus d'un an sur un groupe de 27 686 personnes âgées de 50 ans ou plus, sans antécédents cardiovasculaires, révèle que les individus présentant de très faibles taux de vitamine D dans le sang ont un risque 77 % plus élevé de décéder que ceux qui présentent une teneur normale de cette vitamine, explique Heidi May, épidémiologiste de l'Institut de cardiologie du Intermountain Medical Center à Salt Lake City (Utah), l'une des auteurs de ce travail.
Le contrôle nécessaire du taux de vitamine D D'autres études avaient auparavant montré les effets bénéfiques de la vitamine D pour prévenir certains cancers, la sclérose en plaques et la polyarthrite rhumatoïde, etc. Il est donc important de contrôler les déficits éventuels en vitamine D par une analyse de sang. "En tant que médecin praticien, je la dose chez mes patients, et ils sont souvent carencés", constate le docteur Fricker, qui souligne que des supplémentations ponctuelles peuvent être utiles en hiver. "Lorsqu'il faut supplémenter, il faut que ce soit extrêmement bien encadré sur le plan médical pour éviter les risques d'intoxication", prévient le médecin nutritionniste Laurent Chevallier.
Il ne faut donc pas faire de supplémentation systématique. "La limite entre la zone des apports adéquats et la zone d'intoxication, qui entraîne des troubles d'hypertension, de calculs rénaux... est ténue. Il faut donc faire attention au surdosage", ajoute le docteur Lecerf.
Les sources de vitamine D La plus grande part est synthétisée par l'organisme au niveau de la peau sous l'action du soleil. La vitamine D fabriquée par la peau est mise en réserve au niveau du foie, du muscle et du tissu gras et utilisée au cours de l'hiver. Sa fonction essentielle est d'augmenter la capacité d'absorption du calcium et du phosphore par l'intestin.
Une exposition journalière de dix à vingt minutes, à l'heure où le soleil est au zénith, deux ou trois fois par semaine, suffirait pour avoir un apport suffisant. Mais les personnes qui habitent dans des zones moins ensoleillées, qui exposent peu leur peau ou qui ont une peau foncée doivent s'exposer plus longtemps. Les dermatologues sont prudents quant à ces recommandations, en raison du risque de cancer de la peau par une trop forte exposition au soleil.
La vitamine D provient également de l'alimentation. On en trouve dans un nombre limité d'aliments : les poissons de mer gras, l'huile de foie de morue, le jaune d'oeuf, et un peu moins dans les abats, les pâtés, les champignons...
Des recommandations qui font débat L'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) préconise un apport de vitamine D de 5 microgrammes par jour pour les adultes, les enfants et adolescents de 4 à 19 ans ; de 10 microgrammes par jour chez les enfants de 1 à 3 ans, les personnes âgées et femmes enceintes ou qui allaitent. L'Afssa précise que "ce n'est que pour les sujets s'exposant très peu au soleil que la vitamine D constitue un nutriment indispensable". Un nombre croissant de chercheurs a tendance à préconiser une augmentation des apports recommandés. "Les populations qui vivent dans l'hémisphère Nord souffrent d'une carence tellement marquée en vitamine D qu'il faudrait revoir à la hausse son apport quotidien", assuraient en avril 2007 quinze scientifiques, dont le docteur Walter C. Willett, professeur de médecine à la faculté de médecine d'Harvard. Dans un éditorial publié dans l'American Journal of Clinical Nutrition, ils militent en faveur d'une supplémentation de 800 unités internationales (ui), soit 20 microgrammes par jour pour ces populations. La Société canadienne du cancer était allée plus loin en recommandant, dès 2007, pour les adultes, un supplément de 1 000 ui, soit 40 microgrammes chaque jour.
"Il y a encore un débat scientifique sur le taux idéal de vitamine D dans le sang. On constate souvent un déficit en vitamine D, or une supplémentation ne coûte que 1,50 euro par mois. Il n'y a donc aucun enjeu économique", souligne David Servan-Schreiber, qui aborde le sujet dans la nouvelle édition de son livre Anticancer, à paraître le 8 février.
Attention toutefois à ne pas confondre déficit et carence, dont les signes cliniques sont, entre autres, l'ostéomalacie et le rachitisme. Selon l'Afssa, la carence en vitamine D chez les personnes âgées constitue un terrain favorable à la perte osseuse et à l'ostéoporose.
Extrait : Deux Français sur trois manqueraient de vitamine D, article du journal Le Monde (24 déc 2009)


Commentaires
1. Le mardi 2 février 2010 à 14:12, par mamapasta
2. Le mercredi 3 février 2010 à 09:33, par el
3. Le jeudi 4 février 2010 à 17:00, par Virginie P.
4. Le vendredi 5 février 2010 à 03:09, par kristof
5. Le samedi 6 février 2010 à 05:59, par Karin
6. Le mardi 9 février 2010 à 05:54, par Tatiana
7. Le mercredi 24 février 2010 à 08:20, par Steph
8. Le mercredi 24 février 2010 à 09:06, par Kristof
9. Le samedi 26 juin 2010 à 02:47, par Jamila
10. Le mercredi 30 juin 2010 à 11:59, par Kristof
11. Le jeudi 5 août 2010 à 10:32, par steph
12. Le jeudi 5 août 2010 à 12:32, par Kristof
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