Comme je suis à la fois fière et boudeuse, je n'ai pas vraiment envie de raconter mon marathon de Berlin. Fatalement, avec un temps de 3h18, je ne saute pas de joie au plafond. Je vais donc faire court côté récit.

La course

Marathon de Berlin 2009

Je suis partie sur les bases de 3h10. Dès les premiers kilomètres, je suis bien dans l'allure. Ca va un peu vite mais je me dis qu'une fois bien échauffée tout ira mieux. Effectivement, les kilomètres s'égrainent avec une régularité surprenante. Au km 10, première surprise, j'entends Kristof qui encourage les coureurs. Je lui fais signe. Regard furtif. C'est bon pour le moral. Il est de nouveau là au km 14 mais cette fois il me repère et prend des photos.

A un tiers du parcours, il est temps de dresser un petit bilan. Bon, c'est clair, je ne peux pas me mentir, je suis fatiguée. Je sens déjà que ce sera dur. Mais l'année dernière, dans une configuration similaire sur le marathon Nice-Cannes en revenant de la Corsicia Coast Race, j'avais ressenti la même chose et l'histoire c'était très bien terminée par un record perso du moment à 3h13. Alors pourquoi pas aujourd'hui.

A mi-parcours, mon homme, supporter fidèle est de nouveau au rendez-vous. Mais je commence à avoir mal aux mollets et quelque part, je sens que ça ne passera pas. Je lui fais un petit signe. Il m'encourage. Alors je poursuis sur mon allure encore quelques kilomètres. Mais au km 25, la douleur dans les mollets et de plus en plus intense. En fait, elle est plus précisément localisée à la jonction entre le mollet et le tendon d'Achille. J'y vois un mauvais présage.

36th BERLIN MARATHON, September 20th, 2009

A ce moment-là, je prends une décision qui m'étonne encore moi-même. Je décide de laisser tomber. Adieu le record, ce sera pour une autre fois. Je ne veux pas me blesser avant l'hiver. C'est la dernière course de l'année. C'est la dernière fête avant de recommencer à étudier. Je veux profiter de ce marathon, rester sur une note positive, me faire plaisir. Je continue donc tranquille en roue libre. Dans un premier temps j'essaye de ne pas trop laisser filer les secondes. Puis j'abandonne complètement, je ne regarde même plus mes temps de passage. Je suis toute à la ville, toute au public. Je veux garder le plus de souvenirs possibles de cette course mythique.

36th BERLIN MARATHON, September 20th, 2009

A la fin, j'ai un peu souffert. Les tendons ont tellement tiré sur les mollets que je sentais les crampes me narguer. Heureusement, en gardant mon allure tranquille, j'ai pu terminer sans pépin. Je reste toutefois sur un très bon souvenir. J'ai adoré cette course et c'est sûr, je reviendrai. Le marathon de Berlin était le premier marathon de Kristof en 2005. Il l'avait couru seul et je l'avais encouragé. Cette année, nous avons inversé les rôles. La prochaine fois, nous le ferons tous les deux.

Le cadeau

36th BERLIN MARATHON, September 20th, 2009

Cerise sur le gâteau, j'ai dégoté une petite merveille de chaussure à un prix défiant toute concurrence au village marathon : des zoet, série spéciale Hawaï, numérotées s'il-vous-plaît. Elles sont belles, non ? J'ai hâte de les essayer !

36th BERLIN MARATHON, September 20th, 2009

Un petit résumé des leçons apprises lors de ce marathon.

Entrainement

Depuis le printemps et tout l'été, j'ai fait du trail, du long, et pas ou peu d'allure rapide. J'ai ainsi acquis un moral à toute épreuve et une bonne endurance. Grâce aux stages d'entrainement et aux courses comme le Swiss Jura Marathon, ma vitesse de récupération s'est également grandement améliorée. En revanche, l'absence de sortie vraiment tonique et de travail de l'allure spécifique marathon m'ont clairement fait défaut.

L'impact de la montagne

La montagne, c'est fabuleux. Lors de la semaine que j'ai passée dans les Alpes Suisses et Autrichiennes, j'ai eu une envie dévorante de courir tous les jours. Je me suis régalée, amusée comme une gamine. Conséquence inévitable : de la fatigue bien sûr, mais aussi une sollicitation énorme des muscles et des tendons. Rétrospectivement, les longues montées très raides m'ont certes offert des vues à couper le souffle mais elles ont aussi tiré sur les tendons d'Achille. Les effets se sont fait sentir pendant le marathon et toute la semaine qui a suivi.

Alimentation

Vaste sujet. Il y a eu des aspects positifs mais quelques erreurs aussi. Surtout en ce qui concerne la boisson. Le vendredi (jour du voyage) et le samedi (veille de la course), je n'ai pas assez bu. Ce n'était pas un cadeau pour mes tendons déjà mal menés par les Alpes. Tout le monde sait qu'il faut boire beaucoup les jours qui précèdent un marathon. Une négligence qui je l'espère ne se reproduira pas.

En revanche, j'ai bu quasiment 1 litre de thé bien chaud avant de prendre le petit déjeuner le dimanche matin. Une des meilleures astuces pour être sûre de se libérer les intestins avant la course. Effet garanti. Ça marche. Presque trop bien d'ailleurs.

Toujours dans le registre positif, j'ai eu la chance de recevoir des produits absolument délicieux de GoMacro. Je ferai un billet entièrement dédié à ce sujet. En attendant, je peux vous dire que j'ai pris au petit déjeuner, un "macrotreat" (petit gâteau) et un "macronutrient" que j'avais fait tremper dans du lait d'avoine la veille. Formidable. Après la course, j'ai mangé une "macrobar" (peanut protein). Fabuleux. Je suis rarement enthousiaste au sujet de produits de l'industrie alimentaire. Mais là, j'ai été emballée.

GoMacro

Chose rare, je n'ai absolument pas eu mal au ventre pendant la course. A part peut-être un petite acidité à l'estomac en début de course, mais je pense que c'était pour une autre raison (voir plus bas). Alors, franchement, merci Go-macro.

Je m'étais préparé une petite bouteille d'eau pour éviter de m'arrêter aux premiers ravitaillements. Et histoire de lui donner du tonus, j'ai ajouté du jus de citron. J'ai eu la main un peu lourde sur le citron et ma boisson était trop acide. Résultat: une petite gêne à l'estomac passagère entre km 8 et km 15.

Prise de risque

J'ai bien compris une chose : je joue avec les limites de mon potentiel. Chaque détail compte. Désormais, je ne pourrai améliorer mon temps sur marathon qu'en prenant certains risques. En particulier celui de partir directement dans l'allure désirée. C'est ce que j'ai fait à Berlin. Ça n'a pas marché. Peu importe, c'est le jeu. Je recommencerai.