Stockholm marathon 2009: "Heja tjejen!!"
Par Kecily, lundi 15 juin 2009 à 09:11 :: Voyages :: #440 :: rss
Stockholm, en Juin, est une ville absolument délicieuse. Il peut y faire frais voire frisquet mais il semble que depuis quelques années, la météo a décidé de faire un cadeau aux marathoniens. Pour qu'ils gardent le meilleur souvenir possible de Stockholm, qu'ils la voient sous son plus beau visage, le soleil se fait généreux. Il offre ses rayons dès le petit matin (3h) et ne se fatigue pas avant 23h. Tout cela est très joli, mais le revers de la médaille, c'est évidemment que la température peut monter très vite. Voilà comment, en ce samedi 31 Mai, le marathon de Stockholm s'est couru par 29°C ! Oui, 29°C. A Stockholm. Pas idéal pour un marathon mais à choisir je préfère de telles conditions à une pluie froide et serrée.Arrivée à Stockholm
Une fois encore, Stockholm nous a ravis. A peine arrivés, nous sommes sous le charme. Notre hôtel est idéalement placé sur Söder et notre séjours s'annonce sous les meilleurs auspices. Jeudi matin, nous faisons un dernier footing sur un parcours fabuleux autour du lac Arstaviken au sud de Söder. Par contre, côté forme, les nouvelles sont un peu moins bonnes. Je suis fatiguée et surtout j'ai mal à l'ischio gauche. Je sens que quelque chose n'est pas à sa place au niveau du bassin et tire sur mon ischio. Affaire à suivre.
Jour J
Samedi matin, le stress est monté d'un cran. Je prends un copieux petit déjeuner à 7h : flocons de sarrasin + orange + lait de soja + jus de citron + myrtilles + muffin au sarrasin + pumpernickel + sojade + compote, le tout généreusement arrosé par du thé. Puis retour à la chambre pour digérer tranquille.
A 11h30, départ pour le stade où tout est très bien organisé. Les bénévoles distribuent de l'eau, des boissons énergétiques et des bananes. Il est midi. Il fait 25°C au soleil. Départ dans deux heures.
Pour la première fois, je vais courir en brassière. J'ai aussi mis ma jupette fétiche avec quelques sachets de miel au fond des poches et deux petites éponges calées dans les bretelles su soutien-gorge. Je suis prête. J'espère courir en 4'30 au km pour finir en 3h10. Mais par cette chaleur, je sais que ce sera difficile.
Départ
Départ à 14h pile, allons-y, que la fête commence ! Car c'est clairement la fête, au moins pour les spectateurs venus nombreux, en tenue légère, encourageant et dansant au bord du parcours au rythme des nombreuses animations musicales prévues par l'organisation du marathon.
Fatalement, je me laisse emportée par l'enthousiasme ambiant et cours les 5 premiers km avec 30s d'avance, soit 5s au km trop rapide. Il faut que je ralentisse mais je suis distraite par quelques petits aspects logistiques. D'abord, j'ai envie de faire pipi (ben oui, à force d'attendre le départ en buvant de petites gorgées d'eau, ça devait arriver) et j'hésite un long moment à m'arrêter pour finalement décider de me retenir. Et puis un petit problème anodin qui prendra de l'importance au fil des km : je me suis enduite de vaseline pour éviter les frottements. Mais le mélange vaseline + sueur est pour le moins glissant et ma jupette tombe de mes hanches. Je dois donc régulièrement tirer dessus pour la remonter. Une distraction dont je me serais bien passé.
Première boucle
Le parcours comprend deux boucles quelque peu différentes. Et dès le début on constate que les organisateurs ont tout prévu, y compris de telles chaleurs. D'abord, il y a des ravitaillements tous les 3 km, avec boissons de l'effort, eau mais aussi, en alternance, des bananes, du bouillon, des barres de chocolat, du sucre de raisin, des cornichons (!). Le plus impressionnant sont les longues bassines d'eau fraiche dans lesquelles on peut timidement tremper son éponge ou franchement s'immerger la tête ou encore remplir la casquette avant de la recoiffer. Et puis, il y les douches salvatrices sous forme d'arches enjambant la route. Je ferai usage de toutes les douches et m'aspergerai copieusement d'eau à chaque ravitaillement à partir du 18ème km. Je suis partie avec une bouteille d'eau de 500mL à la main et quelques sachets de miel dans les poches. Jusqu'au km 15, je ne m'arrête pas au ravitaillement, sirotant ici et là l'eau de ma petite bouteille. J'ai pris mon premier sachet de miel vers le km 8 et le deuxième une dizaine de km plus loin.

Curieusement, le passage entre km 5 et km 15 sera presque le plus difficile du marathon. Il y a pas mal de vent, le parcours est bosselé et il fait chaud, trop chaud. Avec cette chaleur, à l'allure que j'avais prévue de tenir, je suis dans le rouge tout de suite. Mais pour le moment je refuse d'admettre l'évidence et je continue au même rythme.
Mi-parcoursAu km 20, je comprends enfin que la combinaison température-allure soutenue n'est pas la bonne aujourd'hui. J'accepte enfin de ralentir et d'un seul coup tout va mieux. Je rentre enfin dans une zone d'effort confortable. Etant complètement trempée par les nombreuses douches, mon organisme semble désormais mieux gérer la chaleur. Je sais que je peux dire adieu au 3h10 mais psychologiquement aussi je me sens mieux. J'ai enfin compris pourquoi le début était si difficile et maintenant que les sensations sont meilleures je suis rassurée.
Le passage au semi me procure une immense joie. Je suis enfin dans la course. Au diable le record, je vais m'amuser.
Deuxième boucleLa deuxième boucle est carrément somptueuse. Le passage sur Djurgarden est une vraie carte postale. C'est vallonné, c'est venteux, c'est très très chaud mais qu'est-ce que c'est beau. A chaque ravitaillement, je me rince la bouche (après le semi, je n'arriverai plus vraiment à boire, à part pour faire glisser les deux derniers sachets de miel vers les km 30 et 35). Je découvre alors un avantage inespéré de la jupette. Quand elle est trempée, elle colle aux cuisses et agit comme une vague rafraîchissante qui me procure une sensation très agréable sur les quadriceps en plein effort. Le seul bémol, c'est qu'ainsi alourdie par l'eau, elle glisse et je passe mon temps à tirer dessus pour la remonter sur mes hanches. Mais petit à petit je retrouve confiance et j'ai un gros regain de forme entre les km 25 et 35.
Supporter inattendu
Juste avant de franchir le pont de Västerbron pour la deuxième fois j'aperçois (ou j'entends) Kristof qui m'a repérée dans la foule et qui m'encourage. Comme prévu, il a arrêté au km 30 mais il m'a attendue. Pendant quelques centaines de mètres j'ai des ailes. Dommage qu'il ne soit pas plus souvent au bord du parcours pour m'encourager, je ferai péter tous les chronos. Double effet kiss cool de ses encouragements, je suis désormais beaucoup plus sensibles aux "heja tjejer" et autres "heja tjejen", respectivement "allez les femmes" et "allez madame" des spectateurs toujours nombreux et à la fête. Je double des wagons de coureurs sur le pont, long et sournois et surtout bien exposé en plein soleil. Je me dis que finalement certains ont encore plus souffert de la température que moi. Il est vrai qu'être un grand vicking, c'est pratique pour passer l'hiver mais ça l'est un peu moins pour lutter contre la chaleur. Du coup, le deuxième passage du pont est plus facile que le premier (sans doute aussi parce que je vais moins vite).
En arrivant au 35ème km, j'ai la bizarre envie que ça ne s'arrête pas (je vous rassure, ça ne va pas durer longtemps). Je suis bien, j'ai trouvé une bonne foulée et je suis simplement heureuse d'être là. Je savoure chaque instant avec délice. Pouvoir des endorphines, quand tu nous tiens ! Mais il faut bien le reconnaître, la fatigue commence malgré tout à se faire sentir et j'ai un petit coup de moins bien vers le km 38.
Tombé du ciel
Au km 39, un épisode complètement inattendu me sourit. Il y a un stand Reebok (sponsor du marathon) et un beau et grand Suédois aux yeux bleu azur qui pétillent et aux cheveux courts et très blonds court vers moi et me demande d'une voix charmante la taille des chaussures que j'ai aux pieds. A peine ai-je répondu qu'il disparaît. Je pense alors qu'il doit s'agir d'une histoire de statistique ou de tirage au sort. Mais déjà, il me rattrape au sprint et me tend une boîte de chaussures ouverte avec un grand sourire satisfait. Là, j'ai beau être une dingue du shopping, surtout d'articles de sport, je ne prends pas vraiment le temps de regarder la marchandise, me saisis de chaussures et glisse un merci à mon beau vicking qui s'est déjà arrêté. Je n'ai jamais fait aussi vite pour acquérir une paire de running !
La scène qui va suivre sera assez comique car il me faut d'abord jeter mon éponge pour pouvoir agripper les chaussures correctement avec les deux mains. Ensuite, les chaussures étant attachées entre elles par les lacets, j'entreprends de défaire le noeud avec les dents. Les chaussures ainsi séparées, je me crois sortie d'affaire et prends une chaussure dans chaque main. Mais elles sont bourrées de papier donc grosses et lourdes. Je coince donc une première chaussure sous un bras pendant que j'extirpe le papier de l'autre (bien enfoncé le papier !), tout ça bien sûr sans rien laisser tomber et en continuant de remonter ma jupe qui ne s'est pas arrêtée de glisser pour autant, avant de renouveler l'opération acrobatique avec l'autre chaussure.
L'arrivée

Avec tout ça, me voilà déjà au km 40. J'ai sans doute perdu du temps avec cette histoire mais ça m'a permis de ne pas voir passer les 2 derniers km et je suis très contente d'avoir gagné une jolie paire de chaussures de running. J'ai fatalement envie de m'essuyer le front, de me moucher et de remonter ma jupe mais tous ces petits gestes si simples deviennent d'un seul coup beaucoup plus délicats avec les mains prises.
Les spectateurs se demandent ce que je fabrique avec une paire de pompes dans les mains. Je vois leurs yeux qui plongent directement sur mes pieds après avoir vu mes mains pour vérifier si je cours pieds nus.
Voilà, c'est l'entrée dans le stade et je jubile. Du bonheur, grand, intense, magnifique. Je vais même me payer le luxe de finir sous les 3h13, améliorant ainsi mon record de Nice d'une petite minute. Passée la ligne d'arrivée, on me remet un bon spécial pour ma place de 20ème femme (une jolie porcelaine suédoise). Kecily très fière ! j'aimerais que kristof soit là pour voir ça.
Après la course
Mon corps me rappelle alors brutalement à l'ordre. J'ai du mal à marcher. Toute la chaîne musculaire arrière de mes deux jambes est endolorie, raide, comme tétanisée. C'est seulement à ce moment que je réalise que je n'ai pas du tout eu mal à l'ischio pendant la course ! Sacrée moi -_^ Mais là, tout de suite, je ne me sens pas au mieux alors je vais m'allonger quelques minutes à l'ombre les jambes en l'air, avec une bouteille d'eau. Quand je me relève, tout va mieux. Je retrouve la soif et l'appétit. Je bois un litre d'eau direct et m'enfile 4 bananes en pensant à Kristof (il adore les bananes).

En arrivant ä l'hôtel, mon homme est déjà douché et m'attend dans la cour avec le plus chaleureux des sourires. Il connaît déjà les résultats et me félicite.
Après une bonne douche, nous allons dîné chez Herman's. Je n'avais pas faim en arrivant mais la vue de toute cette bonne nourriture m'ouvre l'appétit et je dévore mon savoureux dîner. Dès le lendemain, nous retrouvons les Convert et retournons chez Herman's avant de nous balader l'après-midi dans Söder sous le soleil. Un super dimanche ^_^


Commentaires
1. Le lundi 15 juin 2009 à 04:07, par Nathou
2. Le lundi 15 juin 2009 à 06:31, par Stella25106
3. Le lundi 15 juin 2009 à 07:15, par pconvert
4. Le lundi 15 juin 2009 à 08:32, par gaellou
5. Le lundi 15 juin 2009 à 08:33, par el
6. Le mardi 16 juin 2009 à 10:44, par Kristof
7. Le dimanche 21 juin 2009 à 11:22, par Coccinelle
8. Le lundi 22 juin 2009 à 01:08, par Kecily
9. Le dimanche 28 juin 2009 à 08:52, par Virginie P.
10. Le jeudi 13 août 2009 à 09:34, par DINDA
11. Le jeudi 1 octobre 2009 à 10:56, par Chaussures
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