Trail du Pertuis (Oléron) : du plaisir, même sur la plage !
Par Kecily, jeudi 21 mai 2009 à 06:42 :: Course Nature :: #438 :: rss
L'année dernière Kristof avait participé à ce trail et ne m'en avait raconté que du bien. Malgré son récit dantesque (il a couru sous des trombes d'eau) et ses mises en garde sur le fait que le parcours est très sablonneux (la forêt elle-même est sablonneuse, et quant à la Grand Plage qu'il faut courir sur toute sa longueur, disons qu'elle porte bien son nom), je n'avais qu'une envie, participer à cette course cette année moi aussi.
Préparatifs
Nous avons passé une excellente semaine à Oléron. Le moral est au beau fixe, comme la météo qui a été très clémente toute la semaine. Et puis courir tous les matins dans la forêt face à la mer, c'est clair, ça fait du bien, même si courir dans le sable n'est décidément pas mon exercice préféré. Au moins maintenant, je ne m'énerve plus. Je me répète en continu "up and light" (aérienne et légère) et j'attends que ça passe en imaginant des formes à partir des traces laissées dans le sable par les pas.
Le matin de la course, je me réveille à 3h pour prendre mon petit déjeuner : purée de fruits cuisinée avec amour par Kristof et deux oranges écrasées dans du lait de soja (si vous n'avez jamais essayé cette petite douceur si simple à préparer je vous la recommande vivement). Je retourne ensuite au lit pour digérer tranquillement. Il a pas mal plu les nuits précédentes et aussi la veille de la course. Ce matin, le ciel est menaçant mais les orages de grêle annoncés ne nous sont pas encore tombés dessus. Prudemment, on se rend tout de même au point de départ en voiture, histoire d'emporter avec nous des affaires sèches pour l'après-course.
Départ
On arrive sur place à 8h (pour un départ à 8h30). Il y a foule, plus de 300 coureurs et pas mal de femmes. Je repère tout de suite la fille qui va gagner la course. Elle est jeune et a le physique de quelqu'un qui a toujours pratiqué la course à pied. Certains coureurs sont là en répétition pour la Trans'Aq : ils partiront avec leur paquetage complet, incluant duvet et matelas. Le départ est donné de manière très conviviale par les coureurs eux-mêmes qui scandent le compte à rebours.
Les gens partent moins furieusement qu'à La Rochelle. Je trouve mieux mon allure. Tout de suite, la fille que j'avais repérée prend les choses en main et s'envole vers le devant de la course. Je reste où je suis. J'ai estimé que j'aurai besoin d'environ 2h30 pour boucler le parcours. J'aurai encore maintes occasions d'accélérer s'il me reste de l'énergie. Je me fais doubler par des wagons de coureurs. Mais je ne m'affole pas et reste sur mon rythme. On commence par traverser le village de Saint Trojan. C'est un moment très sympa car malgré le temps médiocre, de nombreux spectateurs nous encouragent.
La forêt
On entre alors dans la forêt et le bonheur commence. Le parcours dans les bois est vraiment génial. Les organisateurs ont même réussi à trouver des côtes. Bien sûr, mon ami le sable est aussi au rendez-vous. Un peu trop à mon goût, ça m'apprendra à lui faire des déclarations d'amour. Je pense aux conseils de Kristof : je fais attention à chacun de mes pas, surveille ma foulée, essaye de l'adapter au terrain et me répète "up and light" dans les passages sablonneux. Mais à cette allure, c'est beaucoup moins efficace qu'à l'entraînement. Les jeunets et les ajoncs sont en fleurs et nous éblouissent de leur jaune. Les acacias ne sont pas en reste et leur parfum flatte agréablement les narines.
Le parcours est exigeant mais extrêmement ludique. On se régale. Très vite, je remarque un couple de coureurs. Ils courent visiblement ensemble. Il me semble, en les doublant dans une descente qu'il s'agit d'un fils et son père qui lui donne le rythme. A peine les ai-je dépassés dans une descente, qu'ils me reprennent dans la côte suivante. On joue à ce petit jeu un bon moment jusqu'à ce qu'un petit incident technique avec le tuyau de la poche d'eau de mon sac-à-dos ne m'oblige à m'arrêter quelques instants. Je les perds alors de vue.On a beaucoup de chance car malgré la pluie des deniers jours, le parcours est sec. Il y a juste un petit passage de boue mais j'imagine que ça aurait pu être bien pire.
Instant de gloireOn se retrouve sur une portion du sentier côtier que l'on a parcouru toute la semaine. C'est un passage facile et j'en profite pour me reposer en adoptant une foulée souple. Un des bénévole est sur un VTT, caméra sur l'épaule et me pose quelques questions. Il est ravi. non seulement je suis la deuxième femme, non seulement je porte une jupette, mais en plus je viens des Pays-Bas. Du pain béni pour son reportage.
Ravitaillement
On sort alors de la forêt. Je passe le point d'eau en 1h15. Pour fêter ça, je m'offre une petite dosette de miel. Je lève la tête vers la mer et j'aperçois, à peine 100m devant moi, le couple père-fils de tout à l'heure. On se dirige tout droit vers la Grand Plage où nous attendent un peu plus de 7 km de sable. Je n'ai pas envie de me taper cette immensité toute seule alors je mets le turbo pour rattraper les deux coureurs.
La Grand-Plage
En arrivant à leur niveau, je leur demande si je peux rester accrochée derrière. Le papa accepte avec générosité. On commence à discuter. On est sur un bon rythme. Très régulier. Je m'abrite soigneusement du vent qui souffle fortement 3/4 face. Je me concentre sur ma foulée et me répète "up and light". Coquillage après caillou, les km passent. Heureusement la marée a été bonne et le sable est relativement dur. Mais quand même, 7km de plage, vent de face, même accompagnée, c'est long et surtout ça fatigue. D'autres coureurs se collent au groupe. Certains tentent de s'échapper mais ne résistent pas longtemps seuls face au vent. Le passage de la baie de Gatseau est vraiment terrible. On s'enfonce droit dans le mélange boue/sable jusqu'aux chevilles. C'est un peu comme courir dans 30 cm de poudreuse mais en plus lourd. Heureusement le passage est très court et bientôt on sort au niveau de la Thalasso.
Saint Trojan
On passe une dernière fois sur la plage mais pour à peine 1 km cette fois. L'organisateur de la course est posté à l'entrée de la plage pour prendre en photo les mines des coureurs au moment où ils réalisent qu'ils vont devoir une nouvelle fois lutter contre le sable. Certains coureurs sont vraiment à la ramasse à ce moment-là. Ce dernier passage dans le sable est dur pour le moral de ceux qui se croyaient déjà arrivés.

Chaque arrivant reçoit des huîtres en cadeau. J'aime beaucoup ce genre de récompense façon gastronomie locale. J'aurais préféré des betteraves cuites au four, mais c'est très personnel. J'attends le papa qui a attendu son fils après la Grand-Plage et lui offre mes huitres pour le remercier de m'avoir donné l'allure.
Après une douche et un en-cas bien mérité, nous nous rendons à la remise des prix. L'ambiance est conviviale et chaleureuse. Comme deuxième femme, je gagne encore une fois de superbes lots. Décidément ces organisateurs sont bien généreux.
Pour fêter nos exploits, nous nous offrons un excellent déjeuner à l'Albatros où le chef nous régale une nouvelle fois de ses surprises végétales. Un délice.



Commentaires
1. Le jeudi 21 mai 2009 à 08:53, par el
2. Le jeudi 21 mai 2009 à 11:14, par Nathou
3. Le vendredi 22 mai 2009 à 13:32, par gaellou
4. Le samedi 23 mai 2009 à 06:37, par nadine
5. Le samedi 23 mai 2009 à 14:45, par Kecily
6. Le lundi 25 mai 2009 à 04:01, par Aurélie
7. Le mardi 2 juin 2009 à 14:01, par Pascal-Bogeyman
8. Le mardi 2 juin 2009 à 16:53, par hassan
9. Le vendredi 12 juin 2009 à 10:56, par chjou2
10. Le mercredi 14 avril 2010 à 17:01, par marco
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