Thé Mariage Frères Le 4e entre l'Hôtel de ville et le Marais

L'approche se présente bien, puisque le restaurant se trouve dans la rue du Bourg Tibourg, qui outre le fait de porter un nom amusant, est nichée entre l'hôtel de ville et le Marais. Le quartier du Marais fait partie avec le 2ème des quartiers très agréables du centre de Paris. Il y a la très belle épicerie Israel à deux pas (près de la place du Marché Saint Catherine), les restaurants juifs d'Europe de l'Est de la rue des Rosiers avec entre autres de merveilleux falafels à déguster en passant... la place des Vosges... des boutiques originales (dont une boutique Muji), des salons de thés où l'on a envie de regarder le temps passer (comme le loir dans la Théière...lieu "régressif" selon la terminologie bobo parisienne, où l'on retrouve l'atmosphère du goûter de son enfance), de nombreuses options de brunchs le dimanche. Nous sommes ici dans un endroit rêvé pour se perdre à Paris. Particularité de cette rue du Bourg Tibourg, la très bonne maison de thé Mariage Frères (depuis 1854), avec la boutique et son salon de thé.

Thé Mariage Frères Là, tout n'est que bonheur et volupté pour l'amateur ou le connaisseur. De belles boites métalliques conservent précieusement quelques 500 références venues de 36 pays. Toutes les familles de thés sont représentées. On vient y chercher "son" thé en choisissant le lieu de production comme on le fera avec le cépage d'un grand vin. Ou l'on se laisse guider lors d'une dégustation dans le salon de thé. On peut même y manger un morceau et se laisser surprendre par le "Millefeuille de tofu poêlé, coulis de carotte au thé Oolong fancy avec patate douce, courgettes, cèleri rave et choux de Shanghai". J'avoue un faible pour le thé Oolong mais je pioche également dans la très belle collection de thés russes aux accents végétaux et fleuris délicieusement parfumés aux agrumes (citron, citron vert, orange et pamplemousse).

La Victoire Suprême du Coeur La Victoire Suprême du Cœur

Après mon détour par Mariage Frères, je sors de mes rêveries d'Asie du Sud-Est, de comptoirs, de voyages "quand est-ce que je repars ?"... pour aller déjeuner au restaurant "La Victoire Suprême du Cœur". A force de dire qu'il n'y a pas de bons restaurants végétariens à Paris depuis la fermeture du regretté "Entre Ciel Et Terre" (anciennement près de la Place des Victoires dans le 1e), j'ai décidé après avoir consulté quelques blogs veggie de profiter de mes passages à Paris pour tester de nouvelles adresses en espérant devoir réviser mon avis négatif. Laurent, ami non végétarien, a la gentillesse de m'accompagner cette fois-ci.

La Victoire Suprême du Coeur La Victoire Suprême du Coeur Le cadre

Le restaurant s'étend sur deux adresses, on a le choix de la salle avec vue sur la cuisine ou d'une salle plus cosy; les deux donnant également sur la rue derrière de grandes baies vitrées. J'opte pour la vue sur la cuisine. L'ambiance est un peu froide, il faut dire que le restaurant est quasi vide - étonnant à 13h dans ce quartier - et que la déco zen un peu trop couleur jaune-vert citron sur fond gris n'apporte pas un petit supplément de chaleur. J'apprécie la vaisselle et la cuisine apparente. J'en profite pour saluer le chef en attendant mon invité.

Ardoise de La Victoire Suprême du Coeur L'ardoise

Première question à la charmante serveuse,
- Proposez-vous des déclinaisons 100% végétales de vos plats ?
Après enquête le chef actuel est lui même "vegan" et peut sans soucis m'adapter le plat de mon choix.
Bonheur ^_^ même si cela ne m'évite pas une longue hésitation et de me refaire préciser que la tartelette poireaux-haricots verts ne comporte ni lait, ni oeuf, ni beurre... J'opte enfin pour l'assiette "VG-XPress". Laurent, plus simple et moins paranoïaque, choisit un "VG-Burger" . Mea culpa ! Trop occupé par mon nombril végétal et mon difficile choix, j'ai manqué à la première des règles quand on invite un ami dans un restaurant végétarien : toujours déconseiller la "mock-food" - imitation d'un plat - d'autant plus s'il s'agit d'une imitation de viande... C'est toujours aussi insipide que sans intérêt; là où la cuisine végétale a tant de combinaisons de saveurs et textures à proposer et faire découvrir.

VG-Xpress : Velouté de choux fleur - citron vert, tartelette poireaux - haricots verts, salade Mon assiette VG-Xpress arrive vite. Elle porte bien son nom. Il y a un velouté de choux fleur - citron vert, une tartelette poireaux - haricots verts et une salade mélangée et colorée accompagnée de copeaux de betteraves. C'est joli, bien présenté et plaisant. J'aime beaucoup la cuillère et le bol, le service vaisselle de façon générale. J'avoue, par contre, être toujours un peu surpris par les prix dans les restaurant parisien, mais cela n'a rien de spécifique à celui-ci. J'ai apprécie mon plat sans être surpris ou véritablement conquis.

VG-Burger : burger seitan, frites au couteau, salade L'assiette VG-Burger arrive tout aussi rapidement. C'est un burger pain blanc grillé-seitan aux herbes, frites au couteau et salade. La encore bonne présentation. Par contre ce genre d'imitation végétale d'un classique du fast-food mondial me laisse plus perplexe, je réalise et m'en veux de ne pas avoir conseillé Laurent. Je dois avouer que je ne suis pas un grand amateur de seitan, mise à part en brochettes amoureusement marinées et épicées et encore avec parcimonie.

Book cover The Enlightened Kitchen Je laisse ainsi Laurent mâchouiller le chewingomesque seitan en dégustant mon velouté bien chaud. Tout cela en lui vantant de façon enflammée les mérites de la cuisine Sohjin Ryori - cuisine 100% végétale japonaise - et la beauté dans la simplicité de l'approche culinaire du merveilleux livre de Mari Fujii, "The Enlightened Kitchen: Fresh Vegetable Dishes from the Temples of Japan". Insistant - passionné - sur le bonheur tous les jours renouvelé de me faire à manger en 15 min sur le pouce pour ma pause de midi avec un plat de légumes et fruits à la vapeur, épicés et colorés à souhait ! Tous les jours, une nouvelle combinaison, de nouveaux mélanges, sucrés/salés, de textures, de goûts et parfums différents...



Machamama : Biscuit macha, mousse framboise, mousse macha Les desserts

Heureusement les choses s'arrangent avec les desserts. En particulier, le joli machama avec son biscuit au thé vert japonais macha, la mousse framboise et mousse macha que Laurent - qui reprend alors des couleurs - semble apprécier.

Fromage blanc de soja au coulis de framboise
J'ai pris un fromage blanc soja au coulis de framboise. Je reste un peu mauvaise langue en vous précisant qu'il m'évoque plus le yaourt façon Alpro, plutôt qu'un savoureux et plus onctueux Sojade nature - dont je me suis régalé le temps de mon séjour parisien (on n'en trouve que trop rarement aux Pays-Bas).


La Victoire Suprême du Coeur Et le verdict de l'invité ?

Il a été déçu par l'assiette VG-Burger et en particulier le côté chewing-gum et sans saveur du seitan =_= Il a mille fois raison. Cela me permet de lancer un nouvel appel à tous les chefs végétariens de la terre :
- Pitié, arrêtez l'imitation que ce soit de viande, de poisson ! ou de plats omnivores "dits" traditionnels. C'est raté de façon générale et la cuisine végétale mérite tellement mieux !

Là je vois une vraie différence avec la diversité et la créativité des restaurants de quartier, indiens ou chinois à Singapour (l'île aux 1001 perles culinaires)... ou même ce que l'on a pu déguster à San Francisco (Spring Blossom à SF) ou Barcelone (comme dans un jardin). Paris est indéniablement une grande capitale gastronomique, mais il lui reste bien du chemin côté gastronomie végétale. Je reste sur ma faim... prochain passage, prochaine tentative, je serais très heureux de me faire mentir !