Marathon Nice-Cannes 2008 : tout est bleu
Par Kecily, samedi 15 novembre 2008 à 07:38 :: Chronique Hollandaise :: #407 :: rss
Une chose m'a frappée en descendant du bateau à Nice : même par temps gris, sous une pluie diluvienne, la mer est bleue. Bleu azur. Evident ? Sans doute. Mais j'ai trouvé ça magnifique et je ne me suis pas lassée d'aller voir cette eau chaque matin de notre séjour à Nice.
Récupérer
Après une semaine en Corse d'alimentation basée essentiellement sur un mélange flocons d'avoine-fruits-lait de soja, matin, midi et soir, nous mourions d'envie de manger des légumes. Par bonheur, nous sommes tombés sur ce petit restaurant sans prétention, le Nissa Socca (7, Rue Sainte Réparate) où nous nous sommes régalés de ratatouille et de mesclun.
Jeudi matin, nous partons tranquillement pour une petite sortie de récupération sur la promenade des anglais. J'ai beaucoup de mal à maintenir une allure lente. Je me vois déjà en train de courir mon marathon. Heureusement Kristof est plus modéré. Je le suis sagement et lui s'amuse de me voir bouillonner d'impatience à ses côtés. La bonne nouvelle, c'est que mon tendon d'Achille qui s'était révélé un peu douloureux à la fin de la dernière étape de la Corsica semble rétabli. Les applications de glace et les pansements nocturnes occlusifs au voltarène ont calmé ce petit début de tendinite.
A midi, nous retrouvons les Convert, venus spécialement de Saint Raphael pour nous faire une bise. Quel plaisir de les revoir, de se balader dans le vieux Nice et de partager un bon repas dans une boutique-café associative Falabrac Fabrik (8 Rue St Augustin), qui propose un plat du jour végétarien, mais fait aussi une épicerie bio et une boutique d'objets d'artistes locaux et de fringues recyclées-équitables.La veille
Je n'ai pu résister aux -30% offerts sur ma paire d'adistar préférée dans la boutique adidas. Je décide alors de courir le marathon avec cette nouvelle paire au lieu de la paire un peu usagée que j'avais initialement prévue. Ça non plus, en théorie, il ne faut pas le faire. Mais je prends ce petit risque.
Le jour J
Réveil à 4h pour avaler 2 sachets de Smecta avant de prendre un petit déjeuner préparé la veille composé de flocons d'avoine, chocolat, lait de soja, orange, abricots secs. Puis je me rendors 2 petites heures pour digérer au calme. Vers 7h, nous sortons déposer nos sacs de consigne. Il fait frais voire froid. Mais le temps est clair et le lever du soleil sur la mer est superbe. Nous en profitons pour vérifier l'organisation des sas de départ et la logistique semble à la hauteur de l'évènement. Agréable surprise.
Nous rentrons nous réchauffer quelques instants à l'hôtel avant de nous diriger vers notre sas de départ. La foule des coureurs grandit peu à peu. Bientôt, nous retrouvons Pconvert, très élégant dans son costume queue de pie et haut-de-forme. Très classe. Je suis sur un nuage. Il fait beau. Je suis sur la promenade des anglais à Nice sous les palmiers, entourée de mon homme et d'un marathonien ultra expérimenté qui gentiment va me donner l'allure, et je m'apprête à courir la première édition d'un marathon qui a tout pour être une magnifique fête.
Un dernier bisou à Kristof. Et déjà je suis concentrée. Les marathons, pour moi, c'est sérieux. Je vérifie une dernière fois le laçage de mes nouvelles chaussures. Le départ
Ca piétine un peu au départ mais rien de méchant. Le premier km est avalé en 4'40 (Pour faire 3h15, l'allure idéale est 4'37 au km). Je suis Pconvert comme son ombre. Et kristof est encore à nos côtés. Les ballons du 3h15 sont partis comme des flèches. Ils sont loin devant. Pconvet ne peut s'empêcher d'aller les chercher. On passe le deuxième km en 4'23. Beaucoup trop rapide. Je décide de laisser filer mon lièvre pour le moment. Je ne veux surtout pas me griller dès les premiers kilomètres. Je cours néanmoins le 3ème km encore en 4'24. Décidément, je n'arrive pas à me maitriser. Pconvert se retourne et me cherche du regard. Il m'attend. Je lui confirme que les meneurs d'allure du 3h15 sont partis comme des fusées. On va les rattraper, il ne faut pas s'affoler. Même si c'est juste avant la ligne d'arrivée.
Alors que nous avons retrouvé un rythme raisonnable (4'35 au 4ème passage), nous doublons brutalement les ballons du 3h15. Nous sommes maintenant tranquilles, côte à côte. Le pack des coureurs est déjà nettement moins dense. Pconvert, grisé par l'évènement en profite pour photographier la petite Keciloche qui fait la fière sur les photos. Facile, après 4 km, tout le monde a le sourire sur un marathon. On en reparle dans 35 km !


km 10
Comme prévu, je ne m'arrête pas aux ravitaillements des 5 et 10 km. J'avale juste une dosette de miel liquide avec un peu d'eau de ma bouteille. Pconvert, lui, s'arrête et fait un peu l'élastique pour me rejoindre. Je l'entends arriver de loin car les spectateurs ne tarissent pas d'éloges à son égard. C'est vrai qu'il est beau le Pconvert dans son déguisement. Les encouragements me donnent à moi aussi du cœur à l'ouvrage. C'est formidable. Je suis maintenant calée dans une allure régulière, conforme au programme.
Après le ravitaillement du km 10, j'en profite pour faire un petit état des lieux. Pour une fois, je n'ai pas mal au ventre. Mon souffle est calme. Maintenant que je suis bien échauffée, je sens que mes jambes sont raides et fatiguées. Pas franchement une grande surprise après la Corsica. Ça veut juste dire que la fin risque d'être un peu difficile et qu'il ne faut pas faire d'imprudence.
Pconvert est optimiste. Tu verras, ça ne sera que tu plaisir. Dans un sens, il n'a pas tort. Il faut dire que le paysage est grandiose, les spectateurs nombreux et toujours enthousiastes à la vue de notre Pconvert national.
Mi-courseLes km défilent finalement assez vite. Éblouie par le soleil désormais plus haut dans le ciel, je reste concentrée sur mon allure. Là, on voit clairement que ce n'est plus l'euphorie du départ. J'attends calmement la fameuse bosse du cap d'Antibes. Mais au détour d'un virage, un premier petit raidillon au km 18 s'invite à l'improviste sur le parcours. Il ne fait pas trop mal aux jambes et casse finalement assez peu l'allure. Soyons positifs. Il permet de changer un peu de foulée et de solliciter d'autres muscles, histoire de reposer les autres. Je passe le semi en 1h36'45, un poil en avance mais rien de méchant. La route est encore longue. Je ne gaspille aucune énergie inutilement. Il suffit de continuer comme ça.
Cap d'Antibes
Ma technique de ravitaillement est maintenant bien au point : 200 m avant le ravitaillement, je dégaine ma dosette de miel. Je la glisse dans la bouche et laisse cette friandise se dissoudre lentement dans la salive. Au poste de ravitaillement, je saisis un gobelet et me rince la bouche avec quelques gorgées d'eau. Pconvert prend plus longtemps que moi aux ravitaillements et on se perd doucement de vue. Il a parfaitement rempli sa mission. Il m'a guidée jusqu'au semi. A moi de finir ma course, comme une grande.
J'ai un regain de forme au niveau de cap d'Antibes. Je sais, c'est paradoxal. C'est l'endroit le plus vallonné du marathon. Mais le paysage est tellement magnifique. Je cours en tordant le cou sur la gauche pour admirer le paysage : la mer bleu azur et les montagnes enneigées en fond d'écran. Magique. Surréaliste. J'adore. Je souris. Je suis heureuse.
Après une bien jolie descente (j'adore les descentes ^_^), des triathlètes à vélo venus encourager leurs copains coureurs restent quelques instants suffisamment proches de moi pour que j'entende leur conversation. Ils avertissent : "il y a encore une bosse au km 33 et une autre au km 36. Après, ça descend et la fin est plate. Il faut attendre le passage du 37 pour se lâcher". Merci pour l'info messieurs, je saurai en faire bon usage.
C'est le moment que choisit ma cuisse gauche pour se contracter. J'ai fait une mauvaise chute lors de la Corsica. Les petites bosses autour du cap d'Antibes ont réveillé la douleur. Rien de méchant, mais je sens que je vais devoir être très prudente pour éviter les crampes. Je m'applique à rester relâchée. Ce n'est pas le moment de faire des bêtises.
Certains spectateurs ont compté le nombre de féminines. "Vous êtes 24ème femme Madame !" Suivi quelques mètres plus tard d'un "17ème féminine, bravo...Cécile". Ahh, la magie des noms sur les dossards. Ça marche à chaque fois. Ça donne l'impression que tout le monde vous connait. C'est génial. A l'annonce de ma position, un coureur dit à son copain : "Eh, on court avec des bons! on est avec la 20ème femme". On engage un peu la conversation. Je leur parle de la Corsica. Ils me prennent pour une folle. Je me marre, contente de mon petit effet. Là, un autre coureur rapplique et m'apprend qu'il est d'Ajaccio : "Vous n'avez pas eu très beau temps cette année ?". Je le rassure en lui disant qu'à Ajaccio la météo fut superbe. Il ne dit rien mais son sourire traduit sa fierté et moi pendant quelques centaines de mètres, j'ai oublié ma cuisse !
Les dernières bossesUn homme averti en vaut deux. Je savais que les côtes du 33 et 36ème km seraient difficiles. Elles ne m'ont pas déçue. Mais concentrée je fus, concentrée je reste. A peine un petit geste pour remercier les spectateurs de leurs encouragements. Le premier raidillon est avalé. Il ne reste plus en théorie que le dernier. Le ravitaillement du 35ème km est placé en pleine côte et pour la première fois, je décide de marcher pour boire tranquillement. Pas le moment de choper des crampes. Je n'ose même pas imaginer la douleur d'une crampe au quadriceps ! Ça me coute un temps de passage en 5'. Il n'y a pas mort d'homme.
Comme promis, ensuite, ça descend. On vient de passer le km 37 et une spectatrice encourage : "Bravo, vous êtes à Cannes. Encore 10 minutes et c'est fini !!". Je ne peux réfréner un sourire et lâcher, en m'adressant à d'autres coureurs "Madame, je ne sais pas à quelle allure vous courez, mais moi, pour couvrir 5 km, il va me falloir un tout petit peu plus de 10 minutes!"
Juste pour le plaisir, une dernière petite surprise avant de finir sur le plat : un petit passage dans un tunnel. Complètement anodine cette petite cuvette, si elle n'avait pas été au km 38 ! Ma cuisse m'indique clairement qu'elle en a marre. Mais moi je jubile. Je suis à cannes. Je vais le faire. Maintenant je le sais. Si je n'ai pas craqué maintenant, ça va passer. Et comme les ballons des 3h15 ne m'ont pas doublée, je devrais même réussir mon pari. Je pense à Kristof, il doit être dans le même état que moi. C'est tellement géant tous ces gens, tous ces palmiers, tout ce soleil.
L'arrivéeOn ne peut pas dire que la photo soit super flatteuse, mais je vous assure que je suis hyper heureuse de franchir la ligne d'arrivée (en 3h13'48). Pas seulement parce que c'est fini, mais surtout parce que je viens de vivre un formidable marathon.
J'attends Pconvert quelques instants, puis avance, récupère ma jolie médaille, rends ma puce et me dirige lentement vers le ravitaillement. L'appel des oranges est plus fort. Une bénévole me demande en combien de temps j'ai fini. "3h13 ? C'est bien pour une femme !". Et là un coureur derrière moi corrige "Euhhhh, c'est pas mal pour un homme aussi !"
Sur cet entrefaite, Pconvert arrive, tout sourire comme d'habitude. Belles retrouvailles. On avance doucement et retrouve très vite Kristof. Il est aux anges lui aussi. Il a fait un superbe marathon et s'offre un magnifique 3h05. Bravo, quel progrès. Nous sommes tous les deux comblés.Après la course
On se dirige lentement (ma cuisse gauche a décidé d'arrêter de fonctionner à l'instant même où j'ai franchi la ligne d'arrivée, certains disent que c'est juste dans la tête !) vers la gare où un très confortable TGV Est nous attend pour nous ramener à Nice.
Après s'être détendus à la terrasse des cafés de la place du palais de justice, nous passerons une super soirée en compagnie de Boris. Je peux enfin fêter mon anniversaire avec un (voire deux, quelle folie) verres de vin.
J'ai couru ce marathon 4 petites minutes plus vite que celui de Genève. Une bricole qui psychologiquement fait toute la différence. En plus, je fais le même temps sur le premier et le deuxième semi. Ce soir je suis heureuse du résultat, avec le sentiment du travail bien fait. Le marathon reste une affaire sérieuse pour moi et je suis contente d'avoir maitrisé celui-là.


Commentaires
1. Le mardi 18 novembre 2008 à 07:17, par Nath33
2. Le mardi 18 novembre 2008 à 07:26, par Coccinelle
3. Le mardi 18 novembre 2008 à 07:40, par nico le troll
4. Le mardi 18 novembre 2008 à 09:05, par el
5. Le mardi 18 novembre 2008 à 09:06, par Anoushka
6. Le mardi 18 novembre 2008 à 11:39, par chjou2
7. Le mardi 18 novembre 2008 à 16:52, par pconvert
8. Le mercredi 19 novembre 2008 à 02:21, par Kecily
9. Le mercredi 19 novembre 2008 à 07:06, par pconvert
10. Le jeudi 20 novembre 2008 à 13:27, par bzh
11. Le vendredi 21 novembre 2008 à 00:47, par Kristof
12. Le vendredi 21 novembre 2008 à 15:00, par bzh
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