La préparation du marathon

Je n'ai pas fait de préparation spécifique pour ce marathon sachant que mon objectif était avant tout de bien courir sur la Corsica Coast Race (trail par étapes sur la côte Corse). 2008 a été une bonne saison et marque un petit tournant côté préparation avec une belle régularité à partir du mois de mars et nos premières sorties natures sur les hauteurs du Marin County (près de San Francisco). J'ai clairement mis l'accent sur la préparation pour les trails avec des sorties natures en fartlek dès que j'en ai eu la possibilité. Depuis le printemps, on a enchainé deux sorties toniques (de 17km) dans les dunes le week-end. Courir en progressif dimanche sur la "fatigue" de samedi s'est avéré très bénéfique côté récupération, assimilation. J'ai l'impression d'avoir gagné en endurance. Les "stages/voyages" nombreux ont également joué un rôle très important dans la préparation; sachant que l'on voulait évoluer sur sentiers, trails. Il y a eu quelques semis mais surtout les dunes et la forêt de Schoorl, les trails du Marin County, les sentiers et les dunes d'Oléron, les fjords de Norvège à grimper... Des semaines bien remplies en particulier cet été. Courir et caler son allure selon ses sensations, le parcours et la météo; sans cardio, ni allure pré-définie, sans fractionné, VMA, sorties longues... jouer, s'amuser et respirer le grand air ! Rien de conventionnel mais beaucoup de plaisir et au final une forme que j'ai rarement connu.

Corsica Coast Race, Etape Falaises de Bonifacio
Avant

Circonstances particulières puisque en début de semaine on finissait en beauté la Corsica Coast Race sur les falaises de Bonifacio sous un beau soleil, main dans la main histoire de fêter dignement l'anniversaire de Kecily ! Cette semaine Corse aura été très fatigante pour moi avec la tempête dès le début, un mal de mer devenu terrible après la deuxième étape (on se déplaçait la nuit en bateau). Là, j'ai passé une nuit de cauchemar, accroché au toilettes de la cabine de 1h à 5h du matin avec sueurs froides, remontées gastriques - je passe ici sur les détails. Je me suis retrouvé le lendemain cadavérique avec de la fièvre et dans l'incapacité de prendre le départ de la 3ième étape (qui fut immobilisée pour cause d'intempérie). De cet épisode, je suis resté affaibli toute la semaine. J'ai heureusement pu reprendre le départ des étapes suivantes (en "open", classement par étape mais hors classement général) et m'amuser de nouveau sur les superbes sentiers côtiers Corse... Je suis ainsi arrivé à Nice fatigué, encore malade; pensant que je ne pourrais jamais finir le marathon dimanche ! Et voilà, magie du corps humain et de ses capacités de récupération, en laissant couler la semaine à Nice et en profitant bien du moment, de mes amis, des terrasses et autres plaisirs de la vie sur la côté d'Azur, j'ai retrouvé la forme doucement. Nous avons fait deux petits footings sur la promenade des anglais (jeudi et vendredi matin) avec Kecily afin de voir où en étaient nos jambes après la Corsica. A allure lente, les jambes tournaient pas si mal. Décision est donc prise samedi de prendre le départ. N'ayant pas beaucoup de repère sur marathon (ce sera mon 3ième), je décide de caler mon allure sur une extrapolation de celle envisagée par Kecily (plus aguerrie sur la distance). Kecily bien décidée a battre son record avec le soutient de Pierre (PConvert) ! Et voilà comment je décide la veille de partir sur un objectif de 3h05. On règle la veille également les aspects logistiques en appliquant le rituel bien rodé pendant les étapes de la Corsica. Je réaliserai plus tard à quelques points chacun de ses petits détails ont une grande importance.

Un grand merci à Pierre & Dany (pConvert & La-Tortue) "marraine et parrain" de mes premiers pas sur marathon, pour leur soutient ! Une fois de plus, ils m'ont accompagné sur celui-ci ! (Pierre se chargeant comme à chaque fois de faire venir le soleil).
Marathon Nice Cannes 2008

Marathon Nice Cannes 2008
Cette fin de semaine a eu un bon gout de vacances ! On a adoré la promenade, la mer bleue azur, le marché aux fleurs, le cours Saleya, les terrasses du Palais de Justice, les petites ruelles du vieux Nice. L'occasion de voir/revoir des amis ! de profiter des produits du sud-est (ratatouille, mesclun, socca...) en particulier des fruits et légumes. Aaaah les petits grains noirs du Muscat de Hambourg et leur goût subtilement musqué (raisin noir récolté sur les coteaux du mont Ventoux), voilà un "carbo-loading" rêvé pour une veille de marathon ! S'éveiller en allant voir la mer de la promenade, croquer dans un vrai pain à croute, lire le journal avec un vrai expresso en terrasse, une certaine douceur de vivre : le cadre idéal pour me remettre sur pied.
Marathon Nice Cannes 2008

Marathon Nice Cannes 2008 Dimanche matin, levé du soleil sur la promenade

Ou le bonheur de loger en face de la promenade, à deux pas de la ligne de départ du marathon ! Les sensations sont bonnes, la nuit a été calme, le petit-déjeuné avoine-lait-de-soja-chocolat-banane est passé comme une lettre à la poste. Le soleil est au rendez-vous, le ciel dégagé, pas ou très peu de vent; tout s'annonce pour le mieux. L'organisation de cette première édition est impeccable et s'avère à la hauteur des 10000 inscrits. Les consignes sont bien organisées, les sas de départ aussi. L'ambiance est très bonne, les bénévoles très attentionnés ! Après un petit passage à la chambre, on récupère des sacs poubelles et nous voilà en direction du sas 3h15. On y retrouve pConvert comme convenu. L'atmosphère se réchauffe avec les coureuses et coureurs qui se massent dans le sas.

Marathon Nice Cannes 2008 Le départ est donné dans une joyeuse cohue propre aux grands marathons. Départ en trombe là aussi comme souvent sur ce type de courses. Je suis derrière le ballon des 3h15 pendant les 2er kilomètres, malgré mon objectif de 3h05. J'ai une petite bouteille d'eau à la main, que je vais garder sur les 10er kilomètres histoire d'éviter les bouchons des premiers ravitaillements (5 et 10km). J'ai prévu des petites dosettes de miel liquide d'acacia (au 5, 15, 25 et 35ième km) sachant que je ne consomme ni gels, ni boissons énergétiques. On a trouvé des poches papier (façon dose de sucre au café) très pratiques à transporter et ouvrir en courant. Cela fonctionne à merveille. Ours dans une vie antérieure, je vais beaucoup apprécier mes petits chlougs délicieusement parfumés et sucrés. Je démarre très prudemment, trouve une foulée "au pif" (j'ai oublié ma montre aux Pays-Bas et ne réussirai pas à utiliser l'ancienne montre de Kecily). Les sensations sont bonnes, le parcours et la vue superbes, le tout dans une ambiance de fête. Le bonheur et ma confiance augmentent au fur et à mesure que les kilomètres défilent.


Marathon Nice Cannes 2008 Le sud-est, paradis des triathletes !

J'avoue ne jamais avoir vu autant de triathletes au mètre carré sur une course sur route ! Toujours superbement équipés de pied en cap avec la tenue nickel aux couleurs du club et des sponsors, les lunettes aérodynamiques, la casquette ironman, la montre ultra-évoluée, les chaussettes de rétention/compression, les chaussures ultra-légères. Impressionnant ! Ils se révèleront d'excellents lièvres tout au long du parcours. Quand on voit les conditions météo, la mer, la montagne toute proche, on comprend pourquoi les Alpes-Maritimes sont un paradis pour ironmans; et quand on vit aux Pays-Bas on avoue être un peu jaloux ! A noter à ce sujet, la superbe deuxième place au général féminin d'une triathlete régionale Ingrid Lopergolo (en 2h44).

Marathon Nice Cannes 2008 Le parcours

Vraiment superbe, on part de la promenade des anglais à Nice pour suivre la route côtière en direction du Palais des Festivals à Cannes. Il y a des petites animations et attroupements de supporters dans chacune des municipalités traversées ! Saint Laurent du Var, Cagnes sur Mer, Villeneuve-Loubet, Antibes Juan-les-Pins, Vallauris Golfe de Juan et enfin Cannes. Le prénom imprimé sur le dossard se révèle - comme à Genève - une excellente initiative ! Ce n'est pas peu dire que je me suis bien amusé. J'ai vraiment trouvé mon allure à partir du 5ième kilomètre. De là, mis à part les bosses du côté du cap d'Antibes et de Juan-Les-Pins, j'ai gardé le même rythme, ce qui s'est révélé idéal pour le moral et la confiance. Je passe le semi en 1h32 et les 30km en 2h12'40; pile dans les prévisions et le tempo pour 3h05. Le passage entre le 25ième km et le 30ième est un peu casse-pâte, je lève le pied et reste concentré, accompagné par un ironman motivé. Ensuite j'avais prévu de "trancher" en deux parties la fin de course. Marathon Nice Cannes 2008
Du 30 au 36ième kilomètre, courir à l'allure sans me poser de questions, laisser les jambes tourner sans réfléchir plus loin que le pas suivant en ayant le loisir de profiter de la vue, de la mer et de l'ambiance !

Marathon Nice Cannes 2008
Une fois passé le 36ième kilomètre, finir ! en se défoulant. Là, plus de règle mis à part se faire plaisir, jouer avec les iron-lièvres, se lâcher pour garder la pêche et la volonté. Et là bonne surprise, je garde des jambes fraiches jusqu'à la fin. Le mental et le plaisir aident beaucoup sur les derniers kilomètres. Le public est amassé au bord de la route, je demande leur soutient avec les bras, et je fais l'oiseau comme sur toutes mes fins de courses ! Et voilà le tapis rouge qui marque l'arrivée, je passe la ligne en 03h06'16" au chrono (soit 3h05'55 en temps réel - puce - et 10mn de moins que pour mon 2ième marathon à Florence).

Marathon Nice Cannes 2008 Marathon Nice Cannes 2008
Marathon Nice Cannes 2008
Après la course

Une fois la ligne passée, l'organisation se révèle encore à la hauteur de l'évènement ! Je reçois la médaille des mains des jolies nageuses du club de Nice, le tee-shirt de finisher ! Direction le ravitaillement avec eau, oranges, bananes. Suivi de deux bons plats de pâtes tomates-huile d'olive dégustés au soleil devant un concert. Je retrouve ensuite Kecily, Steph, pConvert aux consignes. Kecily a de nouveau battu son record perso en 3h13, elle est ravie. pConvert a été un super chevalier servant pour la caler à l'allure sur le 1er semi. Direction la gare, un beau TGV Est nous ramène sur Nice. Après une après-midi de relaxation, un diner avec Bobo dans un excellent restau Italien nous attend. On en profite pour fêter de nouveau l'anniversaire de la miss !! Vive la mariée !! (l'expression est restée à chaque fois que l'on lève un verre). Conclusion de notre séjour à Nice et de cette super première édition du marathon Nice-Cannes.

L'album du marathon Nice-Cannes 2008