La Fondation Lornah Kiplagat
Par Kecily, jeudi 16 août 2007 à 09:04 :: Chronique Kalenji :: #264 :: rss
En mars 2007, nous avons passé 3 semaines de tourisme sportif dans le petit village d'Iten (région des hauts plateaux au Kenya entre le lac Victoria et la Rift vallée) au centre d'entrainement en altitude de Lornah Kiplagat - championne néerlandaise de Cross, Semi et Marathon d'origine Kenyanne. Le HATC (pour High Altitude Training Center) accueille tout au long de l'année des athlètes comme des sportifs amateurs pour des stages plutôt longs, voire également des touristes. Les frais de séjour contribuent pour partie au financement de la Fondation Lornah Kiplagat, dont l'objectif principal est d'offrir une aide et un avenir aux jeunes athlètes féminines kenyannes. Notre séjour sur place aura été l'occasion de découvrir concrètement les actions de la fondation et le rôle du centre qui dépassent le strict cadre sportif.
Priorité à l'éducationA l'origine de la création de la fondation, Lornah Kiplagat connait mieux que quiconque les difficultés de son pays d'origine et en particulier des problèmes que peuvent y rencontrer les filles. La scolarisation hors niveau élémentaire est payante au Kenya. La plupart des familles comptent de nombreux enfants et le parents ne peuvent pas se permettre de les envoyer tous à l'école. La scolarisation des garçons a tendance à être favorisée. Les filles ont rarement la chance de pouvoir poursuivre les études qu'elles souhaiteraient.
Lornah Kiplagat est persuadée que le développement au Kenya passe en grande partie par l'Education et qu'il est essentiel que les filles n'en soient pas exclues. L'éducation est un facteur d'indépendance et une opportunité importante d'émancipation. La fondation soutient ainsi des jeunes filles en finançant leur éducation que ce soit au Kenya ou à l'étranger.
Information sur les dangers du SIDA
La fondation ne se limite pas à la seule scolarisation des enfants. L'information sur le SIDA (toujours un tabou au sein de la société Kenyanne) est un des aspects important des actions entreprises. Il y a urgence en ce domaine car aujourd'hui, 800 personnes meurent du SIDA chaque jour au Kenya et les victimes sont principalement des femmes et des jeunes filles. Il existe des traitements palliatifs mais ils sont encore aujourd'hui largement inaccessibles sur place (car trop onéreux). Ainsi pour la Fondation, le combat contre l'épidémie passe de façon prioritaire par l'éducation sexuelle, une meilleure information et la distribution de préservatifs.
Une Fondation dédiées aux athlètes fémininesS'il existe de structures pour les garçons, rien ou presque n'était prévu au Kenya pour les athlètes féminines. La course à pied est resté une activité surtout masculine, et il n'est pas forcément bien vu qu'une fille puisse préférer le sport à ses obligations familiales. Pour répondre à ce besoin et offrir une chance aux jeunes athlètes féminines, le centre d'entrainement en altitude a été construit. Le force du HATC c'est d'offrir en priorité une éducation aux filles les plus démunies, choisies pour leurs motivation, aptitudes scolaires et sportives. Tout au long de leur séjour au HATC, elles sont suivies afin d'acquérir une éducation.
Les principales actions de la fondation sont les suivantes :
1. Offrir une éducation générale à une cinquantaine de filles par an
2. Détecter les plus douées d'entre elles et leur permettre de finir leurs études aux USA ou en Europe. L'objectif est qu'elles puissent faire part de leur expérience et valoriser leur formation à leur retour au Kenya.
3. Donner aux femmes et aux jeunes filles de la région de Iten (village où est situé le centre) des informations au sujet du SIDA, promouvoir l'éducation sexuelle et distribuer gratuitement des préservatifs.
Et concrètement ?
En discutant avec Lornah, j'ai appris que son approche est un succès. Si elle a osé dire tout haut certaines choses encore considérées comme tabou au sien de la société. Sa générosité et son honnêteté ont contribuer à faire passer la pilule de son franc-parler. Lors de la dernière réunion d'information sur le SIDA, plus de 600 femmes se sont déplacées. La force de Lornah, c'est d'être une femme elle-même. Son message est accepté par les autres femmes qui lui font confiance. Toutes sont venues parce qu'elle se sentaient épaulées par la force du nombre et ont, pour certaines, tenu tête aux objections de leur mari et de leurs proches.
Certains hommes grincent encore des dents, surtout quand on dénonce des comportements sexuels irresponsables. Mais la plupart voit qu'il est de l'intérêt de la communauté que les filles soient éduquées elles aussi. Et les plus progressistes ne sont pas toujours là où on le pense... un vieil homme du village voisin a tenu à offrir un repas à Lornah simplement pour la remercier d'avoir mis un coup de pied dans la fourmilière et de briser ainsi le silence.
Les ressources de la fondationLe financement de la Fondation provient des dons et des revenus générés par le centre d'entrainement à Iten.
Le centre est une réponse ingénieuse à la demande d'athlètes étrangers, souhaitant s'entrainer en altitude dans des conditions très privilégiées et à l'objectif de financer l'accueil de jeunes athlètes féminines. Son équilibre financier (hors investissements initiaux) vient des sportifs confirmés ou non et des touristes qui séjournent au centre.


Par ailleurs, pour faire connaitre la fondation au public, des ambassadeurs participent à des courses (principalement aux Pays-Bas) afin de collecter des fonds.
Le 23 septembre 2007, je vais ainsi participer en tant d'ambassadrice de la fondation à la classique Dam tot Dam, un 10 miles qui relie Amsterdam à Zandam. Et ainsi continuer à mon niveau à soutenir et faire mieux connaitre la Fondation Lornah Kiplagat.
A consulter pour plus d'informations - en anglais - sur le centre, le site officiel du High Altitude Training Centre. A lire ou relire également les récits de notre séjour à Iten en mars 2007, via la Chronique Kalenji.


Commentaires
1. Le vendredi 17 août 2007 à 07:20, par pconvert
2. Le dimanche 19 août 2007 à 12:38, par chjou2
3. Le dimanche 2 septembre 2007 à 01:09, par ivy
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