Belgian attitude
Par Kecily, jeudi 17 mai 2007 à 08:20 :: Chronique Hollandaise :: #250 :: rss
En arrivant à Maastricht, on a immédiatement senti l'influence des pays voisins (Allemagne et Belgique) sur cette pointe Néerlandaise. L'ambiance est très différente, plus décontractée et plus élégante à la fois. Il y a plus de diversité, plus de créativité dans les boutiques, les cafés. On a même trouvé une boutique de course à pied avec des chaussures de trail et des passionnés qui laissent la porte ouverte même quand l'heure de fermeture est largement dépassée.Premier pas en Belgique
Le retrait des dossards se passe à Visé, en Belgique (le marathon de la Meuse est la course du championnat de Belgique). La ville en elle-même n'a vraiment rien d'extraordinaire mais elle a ce petit quelque chose d'inexpliquable qui fait qu'on se sent tout de suite bien chez nos voisins Belges.
Je suis contrairement à mon habitude plutôt calme en cette veille de course, sans doute grâce à cette ambiance décontractée. Pourtant la météo est vraiment maussade, il pleut par grosses averses, il y a du vent et le temps est très lourd pendant les éclaircies.
Belgian attitude
Le ciel est dégagé, il fait doux, un temps idéal pour courir. Nous nous rendons à pied au départ et sommes surpris de ne trouver aucun marquage dans la ville (alors que le parcours de la course la traverse) ni aucune matérialisation du départ. C'est à seulement 10 minutes du départ que le trafic est stoppé et que le tapis de détection des chips est installé. Cette atmosphère dilettante ne semble surprendre personne, c'est la Belgian attitude.
Le départ est donné. Pour une fois, j'ai pris le temps de m'échauffer convenablement et je commence sur un bon rythme. Rapidement, un groupe me rattrappe et j'emboîte leur foulée. Je me sens très très bien. J'ai l'impression de voler. J'ai rarement eu une telle sensation d'aisance. Pourtant, le parcours est alambiqué : il tourne, monte sur les trottoirs, emprunte de grandes zones pavées vraiment techniques. Mais le verdict du chronomètre est sans appel : ça va trop vite, beaucoup trop vite. Nous courons en 4'10 au km alors que j'ai fait Berlin il y a quelques semaines en 4'30. Il faut ralentir...et vite !
Assurer ma position
Sur le bord de la route, quelques spectateurs me signalent que je suis la première féminine. Est-ce vraiment possible ? Je n'ai pas fait attention au départ mais ça m'amuserait beaucoup. Petit à petit l'idée commence à s'ancrer que je peux peut-être gagner cette course. Je me concentre sur ma foulée : je n'ai mal nulle part, tout va bien, je sens juste que je suis un peu entammée par le sprint du départ. Il va falloir assurer, trouver une foulée économique, et surtout rester calme et lucide.
Le passage au 2/3 du parcours sera vraiment dur. Les jambes sont raides et j'ai du mal à rester souple. Je ralentis donc encore un peu pour ne pas me griller. Je n'oublie pas que dès le Jeudi suivant, Kristof nous a prévu 4 sorties consécutives dans les dunes. Il faudra en avoir encore sous le pied à ce moment-là.
Gérer la fin
Le passage du 17ème km fait du bien au moral malgré les pavés qui font mal aux jambes et un léger vent de face. Ca sent l'écurie et je pense pouvoir tenir à cette allure jusqu'au bout. Allez, on s'accroche !

Les gens m'encouragent pour le plus grand plaisir des coureurs derrière moi qui bénéficient eux aussi du soutien des spectateurs. Je vérifie encore une fois les temps de passage qui tombent désormais en 4'30 au km. Je m'attends à me faire doubler par une femme à n'importe quel moment. L'oreille tendue pour déceler si les foulées qui me rattrapent sont féminines ou masculines, je poursuis ma route. On arrive au 20ème km et un terrible faux-plat montant dans une partie pas des plus sympathique de la ville nous attend. Des pas se rapprochent derrière moi et ce sont 2 coureurs qui emmènent une fille dans leurs foulées. C'est finalement presque un soulagement : ça y est, je me suis fait doubler. J'ai la quasi certitude qu'aucune autre féminine ne pourra me rattraper et je me sens beaucoup mieux. Les jambes sont moins lourdes, les dernières centaines de mètres sont presque faciles.
Récompense
A l'arrivée, pour la première fois, le speaker prononce mon nom sans l'écorcher. Je retrouve Kristof devant un ravitau d'après course richement fournis : pain d'épice, oranges, pommes, bananes, tartines de pâté, petites saucisses sèches, saucisson, fromage...Evidemment, on laisse à nos amis belges le soin de s'occuper des saucisses sèches et on se rabat sur les fruits. Je suis heureuse de retrouver Kristof apparemment en bonne forme et fier d'avoir fait le pitre devant les photographes.
Après une douche bien méritée on retrouve Erwann et sa petite famille autour d'un verre. Nous passons un moment très agréable ensemble et nous promettons d'essayer de nous retrouver sur une course belge ou néerlandais prochainement.


Commentaires
1. Le vendredi 18 mai 2007 à 12:27, par MN6000
2. Le dimanche 20 mai 2007 à 13:25, par Kecily
3. Le lundi 21 mai 2007 à 15:23, par pconvert
4. Le vendredi 25 mai 2007 à 11:34, par Erwann
5. Le mardi 15 janvier 2008 à 14:50, par edhistoire
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