Le pays des femmes et des hommes qui se déplacent à pied.

Difficile d'évoquer notre séjour à Iten sans parler du bonheur particulier des sorties matinales. Chaque matin aura été une expérience unique, magique. Un peu après 6h, nous nous élançons sur les sentiers rouges des environs du village d'Iten. Les villageois sont déjà d'attaque pour une longue journée de travail, les enfants se retrouvent joyeusement sur les chemins des écoles, tout ce petit monde marche ou se déplace sur de robustes vélos chinois... mais à Iten il y a la tribu, aussi talentueuse que nombreuse, des femmes et des hommes qui courent.

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Sortie matinale

Avec le soleil qui se montre, ce sont les odeurs d'eucalyptus, de mimosas, de terres qui se révèlent. Le ciel est dégagé, la vue grandiose. Malgré la fatigue, les effets de l'altitude, le vallonement des sentiers, les jambes s'éveillent doucement et tous les sens se régalent. iten
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"How-are-you Uuu-rrr-Yuuu Uuu-rrr-Yuuu Musugus" ???

iten Les sentiers ne sont jamais plats, ni lisses, tout est ici arrondi, incliné et les chemins très vallonés. Le coeur sollicité par l'altitude s'offre quelques envolées lyriques en particulier au sommet des montées, laissant le musugu ( le blanc en swahili ) hors d'haleine et d'énergie... c'est à cet instant, où des champs voisins s'élancent des cris joyeux "How-are-you Uuu-rrr-Yuuu Uuu-rrr-Yuuu Musugus" ???. Ce sont deux bambins et bientôt une petite douzaine à courir gaiement en s'agitant pour saluer ce curieux blanc. Lui qui court à la vitesse où l'on marche, tout en soufflant comme quand on court ^_^ La réponse n'a pas d'importance, un salut ou un contact de la main seront faire un petit bonheur du point du jour. Il arrive que les enfants se doivent d'escorter le musugu pour lui redonner du coeur à l'ouvrage, lui qui semble marcher quand il court. Alors on se retrouve accompagné par une joyeuse compagnie sur quelques mètres ou plus selon que le sentier mène ou non à l'école ou la ferme la plus proche.


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Incroyable école de volonté et de courage

On peut s'intérroger sur la suprématie des Kenyans sur les course sur route... une fois sur place, on comprend mieux et plus simplement ce qui fait la force de cette école Kenyanne. Un environnement "idéal"- 2400 d'altitude, un climat tempéré, un ciel et un air pur, un soleil qui se lève et se couche à 06h30 à l'année, un très important réseau valloné de sentiers de terre entre les champs - mais surtout le courage et la volonté de coureuses et coureurs qui s'élancent chaque matin pour leurs 3 entrainements quotidiens. Cette région des hauts plateaux est très agricole et favorise un régime alimentaire équilibré et très sain, basé sur l'Ugali - pate de maïs - mangé le plus souvent avec une sorte d'épinard et du chou. Ils sont nombreux, très nombreux à entamer la journée par petits groupes avec une sortie en progressif - démarrage très lent et évolution régulière de l'allure avant quelques accélérations plus marquées selon du relief et une fin très tonique pour les plus affutés du groupe. Selon le programme très flexible de la semaine, les séances seront plus ou moins longues, plus ou moins rapides et intégreront les rendez-vous rituels comme les matinées sur le circuit en terre battue du stade. L'émulation des groupes et la socialisation entre les coureurs quelque soit leur distance de prédilection joue également beaucoup. On court rarement seul, on fait parti d'un ou deux groupes que l'on rejoint ou non selon son programme personnel. Le niveau est très élevé. Ce coureur, qui comme une fleur vient d'avaler cette montée que l'on pense insurmontable, n'est autre que le dernier vainqueur de Boston ou Amsterdam, outre l'essentielle leçon d'humilité, on apprend fatalement à cotoyer des coureurs de ce talent et de ce courage.

Ici s'améliorer loin des régimes miracles, des gadgets, nouvelles chaussures et autres accessoires tendances cela se construit le plus simplement du monde, chaque jour lors de chaque foulée en s'entrainant à l'année. L'école est rustique, peut-être simpliste mais il semblerait qu'elle porte ses fruits.
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