Je ne vous refais pas l'historique des circnstances de l'inscription ni de ma prépa marathon, mais en gros, ce ne fut pas facile tous les jours. J'ai beaucoup douté, j'ai beaucoup tergiversé sur mon rapport à la CàP en général et à ce marathon en particulier, j'ai beaucoup hésité sur mes objectifs...et je ne sais toujours pas comment Kristof a fait pour me supporter pendant tout ce temps-là -_^

Malgré une petite lassitude sur la fin de la prépa, je sens bien que ma condition s'est nettement améliorée et quand je travaille mon allure marathon, je tourne plus en 5'00 au km que 5'15 comme prévu. C'est donc avec une relative confiance que j'aborde ce marathon.

Arrivée à Florence

Arrivée à Florence le vendredi après-midi, nous allons récupérer nos dossards et rentrons à l'hôtel par le chemin des écoliers. Le soir, je laisse Kristof épuisé à sa sieste et rejoins la clique des CLM pour un dîner super sympa. Le samedi, après un p'tit dèj avec les Convert, on part se promener en ville. On découvre un grand classique local : la cafetteria-paticceria. Il fait beau, la ville est splendîde, la nourriture est excellente, les vitrines superbes, la taille de la ville humaine, le marché haut en couleurs, le Duomo monumental : je me régale, c'est mon cadeau d'anniversaire.

On fera quand même attention à ne pas trop se fatiguer et on restera très vigilent à ce que l'on mange. J'ai trop de souvenirs de douleurs au ventre lors des courses : j'opte pour la version "courir avec le ventre léger". Je mange peu le samedi et que des choses ultra digestes. Je complémente avec un peu de maltodextrine pour la forme.

marathon florence Le départ

Après une nuit meilleure que j'aurais pu l'imaginer, je descends vers 6h00 voir le temps qu'il fait et me faire une idée de la température. Evidemment, j'ai mal à l'ischio ce matin, et aux lombaires aussi : le contraire m'aurait étonnée. Je rejoins les Convert, JC664 et Maryline pour un petit déjeuner léger : quelques tasses de thé et 2 kiwis. Vers 7h30 nous nous mettons en marche vers le départ sur la Piazzale Michelangelo. La-Tortue me rassure sur mes douleurs : c'est que tu es en pleine forme alors !" . Un somptueux lever de soleil nous attend : nous avons bien fait de venir en avance. Nous retrouvons tous les CLM (les Convert, Bogeyman, MN6000, JC664) puis nous nous isolons pour nous échauffer.

Je sens un petit stress qui monte, alors je pars trottiner pour me rassurer. Je retrouve Kristof dans le sas de départ et je ne le quitterai plus jusqu'au coup de pistolet : c'est tellement grandiose d'être là, ensemble, prêts à vivre un grand moment. Je savoure, je déguste : je suis à Florence et c'est mon cadeau d'anniversaire.


Les premiers kilomètres

Le départ se fait presque sans bousculade, les 2 premiers km sont en léger faux-plat montant, puis ça descend jusqu'au 5èK. A l'inscription, je m'étais dit : "chouette, une descente pour commencer !". En fait, c'est traitre une descente au départ. D'abord, il est super difficile de trouver son rythme : je vais plus vite que prévu mais est-ce une raison pour ralentir exagérément ? Ensuite, je suis persuadée que l'on paye à la fin les efforts liés à l'amortissement supplémentaire dans la descente. Bref, je suis un peu déboussolée au début parce que je vais trop vite (j'ai prévu de courir en 5'15 au K (3h42) et je suis à 4'45 !). Je ne peux m'empêcher de penser que je vais droit dans le mur à cette allure, j'essaye de ralentir, mais comme c'est difficile !! Heureusement, le plat arrive et je trouve une foulée plus raisonnable et confortable en 5'00 au km. Je sais que je vais me faire rattrapper par les ballons bleus des 3h30 , mais quand ?

marathon florence - Photo PConvert C'est parti

Ca va toujours plus vite que prévu mais je suis une tête de mule et comme je me sens très bien dans cette foulée, je décide la conserver. Entre le 11è et le 12è km je me fait rattraper par Pconvert. Nous sommes de l'autre côté de l'Arno, très proche du Ponte Vecchio, nous passons devant le palais Pitti, la foule est dense, les encouragements nombreux. Je cours quelques centaines de mètres avec lui, il harangue la foule qui se déchaîne à son passage, mais il va trop vite et je ne veux pas perdre mon allure. Il s'éloigne, disparaît, puis je l'aperçoit de nouveau : il s'est arrêté pour me prendre en photo ! Le premier essai ne lui convient pas, il repart puis s'arrête encore et en prend une deuxième.

La suite est très simple : je suis prête mentalement à ce que ça dure longtemps, je sais qu'il faut attendre le 30 è km avant de vraiment connaître la forme du jour. Alors, je continue sur ma lancée. Je sirote consciencieusement la potion magique que je me suis concoctée la veille. Je profite de tout : des rayons du soleil, des spectateurs (j'aperceverai Maryline, Fiona et Anne venues nous encourager), des bâtiments. Là encore je savoure, c'est mon cadeau d'anniversaire.

Curieusement tout va très vite jusqu'au 35 è K. L'alternance parfaite des postes d'éponges et des ravitaux séquence ma course. Je suis dans ma bulle, dans mon plaisir, dans ma course. Je surveille ma montre et elle m'indique avec la préccision d'un métronome que je fais tous mes km en 4'55. Avec des petites pauses aux ravitaux, ça fait du 5'00 au kilo tout rond ^_^

marathon florence Les derniers kilomètres

Je ne comprends pas trop ce qui se passe, le panneau du 35 è km n'arrive pas. Je suis persuadéee qu'il est beaucoup plus long que les autres ce km. Ou alors, j'ai ralenti, beaucoup ralenti. Je regarde ma montre : 5'00 ! Ben non, je n'ai pas ralenti tant que ça. Mais pourquoi est-ce que j'ai mal aux cannes comme ça ? Je veux mes jambes, celles du début, celles qui tournent toutes seules sans douleur. En plus, c'est le moment que choisissent les donneurs d'allures des 3h30 pour me dépasser ! Je savais que ça devait arriver, mais j'avais complètement oublié. Et puis là, franchement messieurs, ça tombe mal. En plus, ils sont tout un nuage à les suivre et ils me sortent de ma bulle. J'hésite à leur emboîter le pas, et je renonce, mieux vaut courir à mon rythme jusqu'au bout. J'ai un petit passage à vide puis je retrouve ma bulle, je repense à la prépa, je repense à tous ces efforts pour en arriver là aujourd'hui. Et puis, honnêtement, je n'ai pas mal à l'ishio, je ne sens plus mes lombaires. Tout va bien. Je ne peux pas dire que je suis prise par surprise, je le savais que ce serait long et difficile. D'ailleurs, ça aussi je l'ai travaillé à l'entraînement. Je me suis jouée les derniers km de la course des tas de fois, je sais comment il faut faire quand ça devient dur. Il faut garder de la tonicité, ne pas s'avachir, courir en souplesse. Je me répète ces mots magiques qui m'ont acoompagnés pendant toute ma prépa : "souplesse, vitesse, souplesse, vitesse". Je sais que si je cours en souplesse, je peux tenir. Et ça marche !! Certes je ralentis, mais si peu. Je pers en tout 10 secondes au km sur les 7 deniers km, 5 s de ralentissement pur et 5 s de temps supplémentaire passé aux ravitaux.

Le petit aller-retour sournois du 41è km le long de l'Arno met ma ténacité à l'épreuve, mais je ne lâche rien. Je n'oublie pas que c'est mon cadeau d'anniversaire.

L'arrivée

marathon florence Ca y est, je vois la place Santa Croce, l'arrivée est toute proche. Je réunis mes dernières forces. Je n'aurais pas fait 1 m de plus !! Je regarde ma montre 3h31 !! Whahouuu. 3h30, comme à Rome et avec la manière cette fois. Je n'ai pas connu de vraie défaillance sur la fin, j'ai bien géré mon alimentation, mes allures. Je suis HEU-REUSE. Je pense à Kristof qui doit déjà m'attendre à l'hôtel. Je prends le temps de savourer mon arrivée sur cette place magnifique. C'est mon cadeau d'anniversaire.

Lentement, je rentre à l'hôtel. Je monte dans la chambre où je retrouve Kristof. Il est lui aussi super content de sa course. On s'embrasse, se félicite. C'est tellement bon.

C'est bon les anniversaires ^_^

marathon florence