Repos avant l'heure...

Soyons réalistes, je continue à patiner grâve de grâve dans la choucroute... pas brillante, brillante cette fin de préparation pour Florence. La fatigue ne s'est pas dissipée par miracle et la météo n'a pas opté pour la paix des braves. Pour éviter de finir pressé comme un petit citron vert qui s'apprête à aller se frotter à un bon ruhm, il a bien fallu trouver une solution. J'ai encore diminué le volume hebdo pour favoriser les jours de repos et miser sur quelques séances de qualité. La qualité rime avec un départ très tranquille et après la mi-parcours une allure progressivement plus rapide. Mais il s'agissait surtout de retrouver le plaisir simple de s'amuser à chaque sortie.

Jeu de Jambes ?

Le mot "Fartlek" vient du suédois, sa prononciation et son sens n'ont rien de vraiment intuitifs. Je propose "Jeu de Jambes" une alternative plus explicite, qui évoque le côté ludique toute en laissant sa place à une libre interprétation du concept.

"Jeu de Jambes" : en course à pied, cette expression décrit une séance ludique au cours de laquelle le coureur laisse libre court à son inspiration et ses sensations. Il alterne des allures plus ou moins rapides en s'aidant des éléments rencontrés sur le parcours (arbre, pont, lampadaire, montée...). On peut également jouer en groupe. Un des coureurs assume alors le rôle de meneur sur une partie du parcours, les autres tentent de rester au contact. Un des suiveurs endosse ensuite le rôle du meneur et ainsi de suite. Individuellement ou collectivement, le but recherché reste le même s'amuser au cours d'une séance tonique.

Mon interprétation du jeu de jambes débute une fois passée la première partie d'échauffement voire de réveil (comme lors de ma dernière sortie avec Kécily, où il m'a fallu 10km pour m'extirper des bras de Morphée). A mi parcours, quand le cerveau commence à s'éveiller et à décrypter les sensations du jour, l'envie, la foulée, l'état du parcours, le sens et la force du vent : la récré peut commencer.

Et la forêt s'en mêle

Ce matin je dors debout, frigorifié... façon glace Miko qui tenterait d'échapper à une séance de cinéma. Les jambes sont lourdes, elles revendiquent le droit de rien foutre en énumérant consciencieusement tous les petits points de fatigue qui se sont accumulés ces derniers jours. Mais voilà qu'un arbre me siffle. Il signale la ligne de départ. Le mouvement ample d'une de ses grandes branches m'indique un sentier à droite qu'il faut aborder à vive allure... les jambes s'executent et les yeux suivent le paysage qui défile encore de façon raisonnable.

Foulque Un foulque macroule a levé la tête, habitué des lieux il recommande de ralentir dans le virage et de souffler avant le passage du pont. Bien anticipé. Une fois arrivé au pont, un héron m'interpèle et glousse "C'est quoi cette affaire. On se promène en tenue de course à pied maintenant ! Tu veux une canne l'ami..." Il commande : "On se bouge ! Virage à gauche toute ! On enchaîne aussi sec sur un virage à droite ! avant de reprendre le lacet qui longe le canal et à fond de cale cette fois ! Bougre de feignant ! ". Au lecteur, qui l'ignorait encore, méfiez-vous du héron cendré, il ne rigole pas avec l'entrainement. Les jambes ont cherché la ligne la plus courte pour passer entre les détours du parcours, le souffle s'est ré-activé sous les ordres du héron. C'est le moment choisi par le vent, qui juste pour se rappeller à mon bon souvenir, joue à me ralentir. Le pauvre est bien désolé, madame la pluie a eu la flemme de sortir ce matin, il se voit obligé d'en remettre un coup pour marquer l'absence de sa bonne amie. Dur dur...

oies Heureusement une oie prend ma défense. En nomade avertie, elle conseille "tourne sur la gauche, tu l'auras dans le dos ce vent grincheux et pense à courir tout en souplesse". Les jambes apprécient la changement d'orientation et l'allure plus fluide. Et déjà les arbres m'annoncent la dernière ligne droite : "Allez plus que deux minuscules kilomètres !".

Cette fois, je n'ai pas vu passer la fin de ma sortie. Merci les amis ^_^

La morale de cette petite histoire : il faut toujours rester à l'écoute de ses amis.