D'abord un petit-long récapitulatif des faits :

J'ai toujours un peu couru en pointillés, pour entretenir la forme pour d'autres sports. J'ai entre autre participé à un marathon en 2002 (Francfort) dont le seul bon souvenir que je garde c'est la foule de suporters bien présents malgré un temps exécrable. Mal préparée, j'avais beaucoup souffert les 10 dernieres km et j'avais terminée blessée au genou. J'ai commencé à "courir juste pour courir", régulièrement, en Octobre 2004. Une première course de 14 km (1h11) fin Décembre me montre que je cours plus vite à l'entraînement qu'en course ! Grâce aux conseils de Kristof, je modère mes allures et termine mon premier semi en mars 2005 en 1h43. C'est également le moment où je trouve du travail aux PB et commence à faire la navette Weesp-La Haye tous les jours (en moyenne 3h30 de transport par jour). L'entraînement est peu volumineux mais assez qualitatif et nous enchaînons les courses (15K et semi) en alliant CàP-tourisme-honeymoon, bref, un régal ^_^.

En Juin 2005, se déroule le semi de notre village. Il a été déplacé au dernier moment d'une semaine par l'organisation et se retrouve à une semaine à peine du prochain semi programmé. Mais je ne veux pas passer sur une distance inférieure car je me suis mis dans la tête que je pouvais le gagner. Il n'y avait pas de balisage kilométrique précis et j'ai réussi à me persuader en course que j'étais en retard sur les temps prévus. Alors, j'ai couru "trop fort" et termine (2è) dans la douleur et exténuée en 1h36. A peine 6 jours plus tard, c'est le semi de la broloppet, et même si je prends un départ prudent, je termine en 1h37. La semaine suivante, à l'échauffement avant une course de 6K, c'est la blessure : claquage de l'ischio gauche qui me prive de CàP pendant 3 semaines =_= La reprise sera très difficile : j'avais l'impression de ne plus savoir courir.

A l'automne 2005, je me focalise sur les 15 K et améliore rapidement mon allure sur cette distance (PB : 1h04'42). Les entraînements se passent bien, essentiellement sur courte distance (7-8 km) en bi-quotidien. Je commence à prendre confiance et apprendre quelques allures. En hiver je me lance dans une prépa marathon. Les objectifs sont clairs, ce sera le marathon de Rome le 26 Mars 2006 et je vise un temps de 3h30. La prépa débute par 4 semaines de trail dans la forêt pluviale de Singapour qui développeront mon endurance. De retour aux PB, je ne manquerai aucune séance. Je me sens progresser et suis un peu grisée par ma forme montante. J'oublie un peu les conseils de prudence de kristof et l'importance de la récupération pour l'assimilation de la charge. Je voudrais en faire plus et renforce un peu l'intensité des séances quali. En février, j'ai les premiers signes de fatigue : je me concentre difficilement au boulot et je dors mal. Heureusement, le dernier mois avant le marathon sera plus léger en entraînement et se terminera en compagnie de Kristof ^_^ à Singapour sur le trail. J'y maintiens l'endurance tout en refaisant du jus.

Le marathon en lui-même se passe exactement comme prévu, avec une petite baisse de forme au 37è K. Je termine en 3h28'48' le sourire aux lèvres ^_^. Le lendemain, je n'aurai pas de courbatures mais une douleur à l'ischio gauche. Je reprendrai la CàP après une semaine de repos. Après 2 semaines de footing, je ne sens plus mon ischio mais je me sens fatiguée. La 3è semaine, je fais ma première sortie dynamique dans les dunes avec Kristof de retour de Singapour ^_^ et les sensations sont bonnes : Yessss ! La 4è semaine, je fais un test de Cooper le jeudi (2950 m) que je trouve extrêmement difficile et un 15K le dimanche. A aucun moment je ne trouverai une allure sur cette course, je ne suis pas concentrée. Je tire trop sur la machine et récolte une grosse douleur à l'ischio gauche le lendemain.

Blessée, j'arrête le course 10 jours, consulte mon médecin traitant puis un kiné qui m'informe du déplacement de mon bassin. Il me manipule pour le remettre ne place, me prescrit des exercices pour renforcer la stabilité de mes lombaires, et m'autorise à reprendre le footing en douceur : gros soulagement !!

Début Mai, je recommence prudemment à courir. Très crispée et tendue au début, ma foulée s'assouplie au fil des séances. Je fais 35 puis 40 puis 50+ km dans la semaine et reprends des séances de fartlek avec Kristof. Début Juin, nous partons pour l'île d'Oléron où je m'offre un stage de remise en forme spécialement concocté par Kristof ^_^. Nous courons essentiellement en forêt et sur le sable. Les sensations reviennent, je supporte assez bien l'augmentation nette de la charge d'entraînement. La confiance remonte en flèche ^_^

La semaine suivante, je veux accélerer sur 3K (4'30) oubliant un peu vite que je sors de blessure. Le samedi suivant (17 Juin), nous courons la Broloppet et je me laisse emportée par les autres coureurs et ma confiance retrouvée à Oléron. Je pars beaucoup trop vite (4'30 au K) oubliant là encore que je sors de blessure. Ma cuisse redevient douloureuse après seulement 7-8 km. Je connaitrai une baisse de forme en milieu de parcours avec un retour de sensations à la fin. Je termine avec une douleur à l'ischio comparable à celle que j'avais après le 15K.

Depuis j'ai mal partout (dos, ischio, genou, hanche) et je doute. Alors, c'est le moment de faire un petit bilan et de poser les choses noir sur blanc. C'est un exercice difficile parce que je n'arrive pas à regarder les choses en face. Pourtant, concrètement, il y a des éléments simples à identifier.

Par exemple, j'ai toujours peur de ne pas en faire assez, de ne pas tirer assez dessus. Résultat je me blesse. Et comme je n'ai aucune mémoire de mes expériences passées (je note pourtant tout sur mon carnet d'entraînement, il suffirait que je le relise OBJECTIVEMENT de temps en temps !!), quand je reprends, c'est trop vite et trop fort.

Par ailleurs, j'ai un gros problème avec la vitesse et la performance et je n'ai visiblement pas encore compris que pour progresser, il vous avant tout pouvoir s'entraîner, et donc ne pas se blesser !! (tête de bourrique =_=).

Ensuite, je dois admettre qu'il ne sert à rien de se comparer aux autres. La seule chose qui compte, c'est ma pratique, mes motivations, mes sensations, mon plaisir.

Et puis, il serait bon que j'apprenne la patience et que j'intègre la notion de temps (durée) et de contexte (reprise après blessure, fatigue, météo ou terrain dicfficile).

Enfin peut-être un dernier point, mon enthousiasme me joue parfois des tours -_^. J'ai tellement envie de courir, et surtout de courir vite, que parfois je me laisse griser par mes sensations et je ne sais pas garder un peu de réserve.

Pour me donner un coup de pouce, Kristof m'a aidée à prendre quelques mesures concrètes. Comme toutes mes blessures sont survenues lors d'une compétition, j'ai annulé toutes les courses qui sont au programme de cette année. Et comme en plus je suis à court d'entraînement, nous avons ajourné notre périple vélo et CàP prévu aux PB cet été (ce n'est pas grave, prendre des vacances aux PB, on peut vraiment le faire à n'importe quel moment -_^ ). Quant à la Corsica Coast Race, nous l'avons rangée dans un tiroir en attendant un moment plus propice, mais là encore, nous ne l'oublions pas !

Et puis, j'ai accepté l'idéee que je ne dois viser aucun chrono avant 5 ans de pratique. C'est plutôt cool, ça me laisse pas mal de temps pour m'amuser et apprendre à me connaître.

En conclusion, comme ce n'est pas a priori la volonté qui me manque, il faut juste que je la canalise de manière positive et tout ira mieux ^_^.