J'ai perdu mon oncle et mon père trop tôt à 17 puis 19 ans. Je dois admettre que je n'ai jamais vraiment réussi à me remettre de leur perte. Mon grand père russe, avec sa sagesse, sa grande tendresse mais aussi sa force, a su trouver les mots pour me soutenir, me pousser à continuer à vivre. Très touché par la disparition de ses deux fils, il a su malgré tout me transmettre l'énergie nécessaire pour affronter et accepter la réalité, apprendre à vivre chaque instant comme si c'était le dernier. Je ne peux que lui rendre un immense hommage, qu'être infiniment reconnaissant du privilège de l'avoir côtoyé. Je garde l'image de mon grand père slave qui me pousse à aller de l'avant, à ne jamais me laisser abattre ou me décourager. Le moment est venu de lui rendre hommage ainsi qu'à mon oncle et mon père. J'ai trois anges gardiens pour veiller sur moi et me rappeler que chaque instant de vie peut-être magique.

J'arrive à Genève avec un sentiment très contrasté, un grand vide mais aussi et surtout l'envie de rendre un hommage à la hauteur de mon respect et de mon amour. Je suis très motivé à l'idée de dédier chacun de mes pas à leur mémoire. J'ai envie de vivre la course accompagné par trois anges gardiens, à qui cela doit sembler étrange de courir quand il leur est si facile de voler.

Et puis il y a le soutient de Kecily, l'ambiance très agréable de ce week-end à Genève et la perspective de participer à un bel évènement qui contribuent à apporter une touche heureuse et optimiste. Chacune de nos escapades est un moment privilégié et un peu magique, je me laisse porter par le bonheur communicatif de Kécily.

Dimanche matin je suis sur la ligne de départ déjà dans ma bulle mais volontaire et décidé à rendre un hommage silencieux uniquement rythmé par ma foulée. La course remarquablement organisée propose un tracé superbe salué par le soleil comme pour m'offrir un soutient supplémentaire. Très vite mes sensations sont bonnes, je peux librement partager toutes mes pensées avec mes trois anges.

Sans doute perplexes ils sont venus survoler le lac de Genève pour mieux suivre l'étrange spectacle d'un petit homme, qui semble désespérément ne pas savoir voler ! D'ailleurs même trois esprits très brillants n'arrivent pas à décrypter le sens du curieux manège qui anime cette foule à travers la ville. Que font ils ? Qu'elles peuvent bien être leur motivation ? et puis il y a le petit, là perdu au milieu, qui court en nous faisant des signes… Certes c'est sympathique, mais qu'est ce qu'il fait là au juste ? Après une phase préalable d'observation l'un d'eux propose de ne pas chercher plus d'explications et simplement d'aider discrètement le petit entre deux foulées. Il lui reste 15km à trois cela fait 5km chacun, ce qui en volant est un jeu d'enfant. Bon en plus il n'est pas non plus rapide, rapide... Ils conviennent alors de donner chacun à leur tour un petit coup d'aile.

Ainsi accompagné j'ai fini ce semi marathon sur un petit nuage en 1h32 et des poussières d'anges.



Lundi je me suis rendu à la chapelle et au cimetière russe de Sainte Geneviève des Bois en région parisienne afin de rendre un dernier hommage à un Grand Grand Monsieur, Serge Berg, mon grand père.